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Le Sénégal en crise avant le tirage du Mondial de basket

19/01/2014 06:27 EST | Actualisé 21/03/2014 05:12 EDT

Le basket sénégalais devait participer avec fierté au tirage au sort du mondial en Espagne, le 3 février. Las ! Entre fraudes à l'âge, ingérence de l'Etat et dissolution de la fédération (FSBB), il a tout gâché.

Le plus gros scandale de l'histoire du basket sénégalais prend ses racine dans l'euphorie des titres juniors sur le continent africain, obtenus à l'été 2012 par les garçons et les filles. Deux titres tellement attendus qu'ils ont longtemps dissimulé une sombre réalité.

"La fraude est simple, et ce sont les instances du basket sénégalais qui l'ont commise", explique à l'AFP Mbaye Jacques Diop, ancien journaliste sportif à l'origine du scoop.

"Ils ont pris des joueurs et joueuses plus âgés, ont rajouté un prénom, changé la date de naissance, puis envoyé au ministère de l'Intérieur ces listes pour la confection de passeports", affirme celui qui, depuis, est devenu conseiller en communication du ministre sénégalais des Sports, Mbagnick Mbaye.

L'information déboule dans les journaux sénégalais en mars 2013. Peu après, la Fédération internationale de basket (Fiba) demande des explications.

'Manquements grave'

En guise de réponse, le bureau fédéral sénégalais suspend de toutes compétitions cinq joueurs - trois garçons et deux filles - pour une durée de douze mois pour fraude à l'âge.

En octobre, le directeur technique national Ado Sano démissionne sans raison officielle, ni un mot à la presse. Dans la foulée, la Fiba inflige une amende de 400.000 euros à la FSBB. "S'il y a sanction, c'est qu'il y a faute avérée. Nous avons donc décidé de retirer le mandat du ministère à l'équipe fédérale en place", poursuit Mbaye Jacques Diop.

La totalité de ses membres et son président, Baba Tandian, sont donc débarqués le 22 novembre pour "manquements graves". Le bureau est remplacé par un Comité de normalisation du basket sénégalais, qui hérite d'un mandat de deux ans.

"Il n'y avait pas lieu de dissoudre toute une fédération pour un seul homme", estime aujourd'hui Baba Tandian, convaincu que la démission du DTN, "le principal responsable", aurait dû mettre un terme à la crise. "C'est une grave erreur du ministre qui a voulu régler un compte personnel avec moi et qui va entraîner le basket au plus bas".

'Restituer les trophées'

Mais la chute n'est pas terminée. Deux jours plus tard, la Fiba suspend le Sénégal de toute compétition internationale jusqu'à nouvel ordre pour "ingérence" de l'Etat.

Un effondrement total que Mbaye Jacques Diop lui même ne souhaitait pas. "Oui, il y a ingérence", reconnaît M. Diop. "Mais en Afrique, la réalité c'est que c'est l'Etat qui finance le sport, les compétitions, les infrastructures, car nos fédérations n'ont pas de ressources".

Les semaines à venir seront décisives.

S'il paraît peu probable de voir le Sénégal se faire remplacer lors du tirage au sort des poules du prochain mondial espagnol en 2014, le 3 février prochain, il reste encore beaucoup d'incertitudes quant à sa présence effective sur les parquets espagnols en septembre prochain.

La Fiba a indiqué à l'AFP qu'elle ne prendrait "aucune décision officielle" avant la réunion de son conseil d'administration les 1er et 2 février, à la veille du tirage au sort du Mondial.

Un laps de temps qui paraît court pour que les autorités remettent en état de marche une fédération en bonne et due forme.

Serigne Mboup, patron du comité de normalisation, a d'ores et déjà annoncé "vouloir restituer à la Fiba les trophées incriminés qui risquent de noircir notre tableau de performances". Il a par ailleurs évoqué un déplacement à Genève, siège de la Fiba, "avant la fin du mois de janvier".

La Fiba Afrique, elle, préfère pour l'heure ne pas en rajouter. "Il faudrait que, rapidement, cette affaire trouve une solution pour le bien du basket sénégalais et du basket africain", a simplement déclaré à l'AFP Lamine Badiane, son responsable de la communication.

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