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L'automobile club allemand discrédité après avoir menti sur la voiture préférée des Allemands

19/01/2014 11:39 EST | Actualisé 21/03/2014 05:12 EDT

La très respectée et puissante association allemande des automobilistes ADAC a dû admettre dimanche avoir enjolivé les chiffres d'un récent vote sur la "voiture préférée" des Allemands, suscitant l'indignation dans un pays où la voiture est sacrée.

L'ADAC, qui revendique 19 millions d'adhérents, a imputé la faute à une seule personne, son directeur de la communication Michael Ramstetter, qui a démissionné dimanche de toutes ses fonctions.

M. Ramstetter était rédacteur en chef du magazine destiné aux adhérents, ADAC Motorwelt. Tiré à près de 14 millions d'exemplaires, ce qui en fait selon ses dires la plus grosse publication magazine d'Europe, la revue est très influente dans la branche automobile notamment à cause de ses bancs d'essai de nouveaux modèles.

Tous les ans ses lecteurs sont appelés à élire "la voiture préférée des Allemands". La distinction est revenue lors de la dernière édition à la Golf Volkswagen.

Mais "les chiffres absolus des résultats ont été enjolivés", confesse l'ADAC dans un communiqué, "pas toutefois l'ordre des préférences". La Golf est donc effectivement la voiture préférée des lecteurs, mais ceux-ci sont nettement moins nombreux à s'être exprimés que ce que prétendait l'ADAC.

Selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, qui avait révélé l'affaire dans la semaine, le nombre de suffrages aurait été multiplié par dix.

Pour la prochaine édition du vote, l'ADAC a promis d'"élaborer un processus sous contrôle notarial". Les instances dirigeantes de l'association n'étaient pas au courant de la manipulation, précise aussi le communiqué.

Toutefois le mal est fait. "Un club avec 19 millions d'adhérents ne peut pas se permettre une telle fraude", a réagi Anton Hofreiter, chef du parti d'opposition Vert et spécialiste des questions de transports. ADAC a "une grosse responsabilité", aussi dans la sphère politique, a-t-il souligné.

ADAC emploie 8.600 salariés et se définit comme "une association qui fonctionne comme une entreprise", avec de nombreux services, notamment le dépannage, et des produits qu'il vend. L'organisation défend aussi bec et ongles les intérêts des automobilistes dans les discussions politiques, par exemple en ce moment sur l'introduction d'un péage sur les autoroutes.

L'expert automobile Ferdinand Dudenhöffer a estimé dans l'édition en ligne du magazine Der Spiegel que le "système ADAC" dans son ensemble était remis en question, et que le verdict "voiture préférée" n'était désormais plus un argument publicitaire pour les constructeurs.

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