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L'opposition syrienne toujours divisée sur sa participation à la conférence de Genève II

18/01/2014 08:37 EST | Actualisé 20/03/2014 05:12 EDT

L'opposition syrienne en exil a commencé samedi à Istanbul à débattre de son éventuelle participation, la semaine prochaine, à la conférence de paix de Genève II, pour laquelle le régime de Damas a fait une concession en faisant une offre de cessez-le-feu à Alep (nord).

A quatre jours à peine du rendez-vous fixé par les Etats-Unis et la Russie, la présence mercredi en Suisse de la Coalition de l'opposition, engluée dans ses divisions, restait toujours aussi incertaine, malgré les efforts répétés de ses parrains arabes et occidentaux pour la convaincre de faire le déplacement.

Initialement prévue vendredi à la mi-journée, l'assemblée générale de la Coalition a finalement débuté samedi avec vingt-quatre heure de retard, pour cause de dissensions entre plusieurs factions sur les conditions du renouvellement de son bureau il y a dix jours, a-t-on appris auprès de ses membres.

Le débat sur l'envoi d'une délégation à Montreux (Suisse), où doit se tenir la conférence dite Genève II, divise profondément les membres de l'opposition modérée au président Bachar al-Assad, tiraillée entre les rivalités qui opposent ses deux principaux soutiens financiers, l'Arabie saoudite et le Qatar.

Nombre de ses membres répugnent à l'idée de s'asseoir à la même table que les représentants d'un régime dont ils veulent la chute depuis bientôt trois ans.

"Faire des compromis sera douloureux", a prévenu vendredi Munzer Aqbiq, un proche conseiller du président de la Coalition Ahmad Jarba.

Avant le début des discussions, le porte-parole de la Coalition Khaled Saleh a rappelé vendredi soir les conditions sine qua non d'une participation à la conférence.

"L'objectif de toute solution politique doit être la mise en place d'un gouvernement de transition, dont le président Assad ne fera pas partie, doté des pleins pouvoirs et chargée d'organiser des élections transparentes", a souligné M. Saleh.

Ces exigences ont d'ores et déjà été rejetées par Damas, qui a répété qu'il n'irait pas en Suisse "pour remettre le pouvoir à qui que ce soit, ni faire de transactions avec qui que soit", et qu'il revenait à Bachar al-Assad de mener la transition.

Concessions de Damas

Sous l'influence de son fidèle soutien russe, le régime du président Assad a toutefois fait vendredi une série de concessions "humanitaires" qui répondent à d'autres exigences de l'opposition.

A l'issue d'une rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Moscou, le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a proposé un "échange de prisonniers" et un plan prévoyant "l'arrêt de toutes les actions militaires" dans la région d'Alep (nord).

Les conditions de ce cessez-le-feu restaient encore floues samedi. "Ce n'est pas encore officiel et cette offre intervient dans le cadre de ce qu'a dit M. Mouallem au ministre russe des Affaires étrangères", a déclaré à l'AFP une source sécuritaire à Damas.

"Les détails et les mécanismes seront précisés une fois obtenu l'accord des autres parties", a ajouté cette source.

Conscients des réticences de plus en plus fortes de l'opposition, les membres du groupe des pays "amis de la Syrie" ont multiplié ces derniers jours les initiatives et les déclarations pour les convaincre de participer à la conférence, condition sine qua non de sa crédibilité.

Vendredi, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a mis en garde le régime syrien contre toute tentative de "détourner l'objectif" de Genève II.

"Personne ne se fera duper", a assuré M. Kerry, menaçant Damas d'une "réponse beaucoup plus forte" en cas de manoeuvre de diversion.

Samedi, pour la deuxième journée consécutive, la Turquie et le Qatar, mandatés par l'ensemble des parrains occidentaux et arabes de l'opposition, ont réuni à Ankara quatre groupes de combattants rebelles syriens, dont le Front islamique, pour tenter de les convaincre de l'utilité de Genève II, a-t-on appris de source diplomatique.

La conférence de Genève II a pour objectif de trouver une solution politique susceptible de mettre fin à la guerre civile en Syrie, qui a fait plus de 130.000 morts et des millions de réfugiés et déplacés depuis mars 2011.

Vendredi, ce conflit a débordé sur le Liban voisin, où des obus tirés de Syrie ont tué huit personnes, dont cinq enfants, dans la ville frontalière d'Aarsal. En réaction, des heurts ont opposé à Tripoli, la grande ville du nord du Liban, habitants partisans et opposants au régime syrien.

bur-pa/plh

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