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De l'aide entre dans un camp palestinien assiégé à Damas (responsable)

18/01/2014 09:43 EST | Actualisé 20/03/2014 05:12 EDT

De la nourriture est entrée samedi, pour la première fois depuis septembre 2013, dans le camp de réfugiés palestinien de Yarmouk, à Damas, assiégé par l'armée, ont indiqué un responsable palestinien et un média d'Etat.

Une ONG syrienne avait indiqué le 10 janvier que plus de 40 réfugiés palestiniens étaient morts de faim ou par manque de traitement en trois mois dans ce camp, dont une grande partie est entre les mains des rebelles depuis décembre 2012.

"Une première cargaison d'aide alimentaire est entrée ce matin et la distribution aux habitants a commencé", a déclaré à l'AFP un responsable de l'Organisation de libération de la Palestine, Anwar Abdel Hadi.

Les médias d'Etat syriens ont également fait état de l'entrée de l'aide dans le camp, citant un autre responsable palestinien.

Le porte-parole de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, Chris Gunness, a indiqué à l'AFP que l'Unrwa avait mis à disposition 200 paquets de nourriture afin qu'ils soient livrés aux habitants du camp, tout en affirmant ne pas savoir si cette aide avait été remise lors de cette opération.

"Les autorités syriennes ont cherché le soutien de l'Unrwa", a-t-il dit, "et l'Unrwa a répondu positivement en donnant les paquets de nourriture --pas directement aux factions palestiniennes-- mais par le biais d'un intermédiaire".

"L'Unrwa a mis comme condition que ces paquets soient distribués exclusivement aux civils dans le besoin" et non aux combattants, a-t-il ajouté. Et a reçu l'assurance qu'ils seraient distribués et utilisés "à des fins humanitaires".

La responsable des droits de l'Homme de l'ONU, Navi Pillay, a averti vendredi que les entraves qu'imposent les forces pro-gouvernementales à l'arrivée de l'aide destinée aux réfugiés du camp de Yarmouk, banlieue située juste au sud de Damas, pourraient constituer un crime de guerre.

"Empêcher l'aide humanitaire d'arriver aux civils désespérément dans le besoin pourrait constituer un crime de guerre", avait-elle dit.

Yarmouk abritait, avant le début du conflit syrien en mars 2011, quelque 170.000 habitants.

Mais des dizaines de milliers d'entre eux ont fui après que les groupes d'opposition armés sont entrés dans le camp et que les forces gouvernementales ont lancé une attaque.

Des petits groupes de civils ont été ultérieurement autorisés à sortir par les forces gouvernementales entourant le camp ou ont réussi à s'échapper, selon l'ONU qui estime qu'il reste au moins 18.000 personnes à Yarmouk.

Depuis plusieurs mois, l'armée leur impose un siège drastique.

Près de 500.000 Palestiniens sont officiellement réfugiés en Syrie. La moitié d'entre eux a été déplacée depuis mars 2011.

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