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Après de vifs débats, l'opposition syrienne en exil décide de participer à Genève II

18/01/2014 01:15 EST | Actualisé 20/03/2014 05:12 EDT

L'opposition syrienne en exil s'est prononcée samedi soir à Istanbul pour sa participation la semaine prochaine à la conférence de paix de Genève II, en prévision de laquelle le régime de Damas a fait une offre de cessez-le-feu à Alep (nord).

A quatre jours à peine du rendez-vous diplomatique fixé par les Etats-Unis et la Russie, les membres de la Coalition de l'opposition ont finalement voté en faveur de l'envoi d'une délégation en Suisse, ainsi que l'en pressaient depuis des semaines ses parrains arabes et occidentaux.

Au terme d'une demi-journée de discussions dans le huis clos d'un hôtel de la lointaine banlieue stambouliote, 58 de ses membres ont voté oui, 14 non, 2 se sont abstenus et 1 a voté blanc, selon les résultats officiels.

Seuls 75 des quelque 120 délégués de l'opposition modérée au régime de Damas ont pris part à ce scrutin à bulletins secrets, signe des vifs débats qui les ont opposés.

Le président de la Coalition Ahmad Jarba devait prononcer à 19h00 GMT un discours télévisé pour expliquer "à la nation syrienne" les raisons de ce choix, a annoncé son entourage.

Depuis des semaines, les adversaires du président syrien Bachar al-Assad se déchiraient sur l'opportunité de s'asseoir à la même table que les représentants d'un régime dont ils veulent la chute depuis bientôt trois ans.

"Faire des compromis sera douloureux", avait prévenu vendredi Munzer Aqbiq, un proche conseiller du président de la Coalition Ahmad Jarba.

La Coalition avait fixé des conditions très strictes à sa participation à une conférence.

"L'objectif de toute solution politique doit être la mise en place d'un gouvernement de transition, dont le président Assad ne fera pas partie, doté des pleins pouvoirs et chargée d'organiser des élections transparentes", a rappelé vendredi son porte-parole, Khaled Saleh.

Ces exigences ont été rejetées par le régime de Damas, qui a répété qu'il n'irait pas en Suisse "pour remettre le pouvoir à qui que ce soit, ni faire de transactions avec qui que soit", et qu'il revenait à Bachar al-Assad de mener la transition.

Conscients des réticences de plus en plus fortes de l'opposition, les membres du groupe des pays "amis de la Syrie" ont multiplié ces derniers jours les initiatives et les déclarations pour les rassurer.

Vendredi, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a ainsi mis en garde le régime syrien contre toute tentative de "détourner l'objectif" de Genève II.

Geste humanitaire de Damas

"Personne ne se fera duper", a assuré M. Kerry, menaçant Damas d'une "réponse beaucoup plus forte" en cas de manoeuvre de diversion.

Samedi, pour la deuxième journée consécutive, la Turquie et le Qatar, mandatés par l'ensemble des parrains occidentaux et arabes de l'opposition, ont réuni à Ankara quatre groupes de combattants rebelles syriens, dont le Front islamique, qui ne font pas partie de la Coalition, pour les convaincre de l'utilité de Genève II, a-t-on appris de source diplomatique.

Au moins trois d'entre eux ont donné leur accord pour intégrer la délégation de l'opposition en Suisse, a précisé à l'AFP la même source.

Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a confirmé samedi à la presse que son pays multipliait les efforts pour faire venir l'opposition syrienne à Montreux.

"Si elle refuse de prendre part à Genève II, une occasion importante sera manquée", a commenté un diplomate turc.

Sous l'influence de son fidèle soutien russe, le régime du président Assad avait de son côté fait vendredi une série de concessions "humanitaires" qui répondaient à certaines exigences de l'opposition.

A l'issue d'une rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Moscou, le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a proposé un "échange de prisonniers" et un plan prévoyant "l'arrêt de toutes les actions militaires" dans la région d'Alep (nord).

Les conditions de ce cessez-le-feu restaient encore floues samedi. "Les détails et les mécanismes seront précisés une fois obtenu l'accord des autres parties", a déclaré à l'AFP une source dans les services de sécurité à Damas.

Les promesses de Damas ont connu samedi une première manifestation concrète. Pour la première fois depuis septembre 2013, de l'aide alimentaire a pu entrer dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, dans la banlieue sud de Damas. L'armée du régime assiège ce camp occupé en grande partie par les rebelles depuis des mois.

La conférence de Genève II a pour objectif de trouver une solution politique susceptible de mettre fin à la guerre civile en Syrie, qui a fait plus de 130.000 morts et des millions de réfugiés et déplacés depuis mars 2011.

bur-pa/via

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