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Damas fait des gestes avant Genève II, la participation de l'opposition toujours incertaine

17/01/2014 07:06 EST | Actualisé 19/03/2014 05:12 EDT

Le régime de Damas a fait vendredi des concessions, dont une promesse de cessez-le-feu à Alep (nord), avant la conférence de paix dite de Genève II, à laquelle l'opposition syrienne en exil tarde toujours à confirmer sa participation, malgré la pression de ses parrains.

A cinq jours du coup d'envoi du rendez-vous diplomatique imposé par la Russie et les Etats-Unis, le pouvoir syrien s'est dit prêt à autoriser des convois d'aide, à échanger des prisonniers avec les rebelles et à mettre en oeuvre un plan de cessez-le-feu à Alep.

"Nous notons que le gouvernement syrien est prêt, et cela a été confirmé aujourd'hui par le ministre (syrien des AE), à prendre une série de mesures à caractère humanitaire, notamment en réponse à nos appels", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à l'issue d'entretiens à Moscou avec son homologue syrien, Walid Mouallem.

De son côté, M. Mouallem a indiqué que le régime de Bachar al-Assad était disposé à procéder à un échange de prisonniers.

"J'ai informé le ministre Lavrov que nous étions prêts à échanger des détenus contre des prisonniers capturés par le camp adverse", a-t-il dit. "Par conséquent, nous sommes prêts à échanger des listes et à élaborer un mécanisme pour y parvenir".

Par ailleurs, Damas a transmis à Moscou un plan pour assurer la sécurité dans la région d'Alep, selon le ministre. "J'ai demandé au ministre Lavrov d'établir les contacts nécessaires pour mettre en oeuvre ce plan, pour déterminer le moment exact de l'arrêt de toutes les actions militaires dans cette région", a dit M. Mouallem.

Ces mesures répondent à certaines exigences de la Coalition de l'opposition syrienne, dont la réunion ne devrait finalement pas commencer formellement avant samedi, a-t-on appris auprès de ses membres.

Ce retard a été provoqué par des dissensions internes liées aux conditions de la récente réélection du bureau de la Coalition, a expliqué à la presse son porte-parole Khaled Saleh.

Les discussions s'annoncent difficiles, tant les membres de l'opposition modérée au président Bachar al-Assad sont divisés sur l'opportunité de s'asseoir à la même table que ses représentants.

En novembre dernier, la Coalition avait posé une série de conditions très strictes à sa participation à la conférence qui doit s'ouvrir mercredi prochain à Montreux (Suisse).

Réticences

Sur le plan politique, elle avait exigé que les discussions se déroulent "sur la base d'un transfert intégral" du pouvoir et que le président Assad "et ceux qui ont du sang sur les mains ne jouent aucun rôle" dans la transition.

"La coalition veut participer à une solution politique au conflit syrien", a rappelé vendredi le porte-parole de la Coalition, M. Saleh, "l'objectif de toute solution politique est la mise en place d'un gouvernement de transition, dont le président Assad ne fera pas partie, doté des pleins pouvoirs et en charge d'organiser des élections transparentes".

Ces exigences ont été rejetées par le régime de Damas, qui a répété qu'il n'irait pas à Genève "pour remettre le pouvoir à qui que ce soit ni faire de transactions avec qui que soit", et qu'il revenait à Bachar al-Assad de mener la transition.

Conscients des réticences de plus en plus fortes qui l'animent, les parrains occidentaux et arabes de l'opposition ont multiplié ces derniers jours les assurances et les pressions pour la convaincre de participer à la conférence, condition sine qua non de sa crédibilité.

Vendredi, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a mis en garde le régime syrien contre toute tentative de "détourner l'objectif" de Genève II.

"Personne ne se fera duper", a assuré M. Kerry, menaçant Damas d'une "réponse beaucoup plus forte" en cas de manoeuvre de diversion.

Vendredi, la Turquie et le Qatar, mandatés par l'ensemble des parrains occidentaux et arabes de l'opposition, ont également réuni à Ankara quatre groupes de combattants rebelles syriens, dont le Front islamique, pour tenter de les convaincre de l'utilité de Genève II, a-t-on appris de source diplomatique.

Une nouvelle réunion de ces groupes est prévue samedi matin dans la capitale turque.

La conférence de Genève II doit tenter de trouver une solution politique susceptible de mettre fin à la guerre civile en Syrie, qui a fait plus de 130.000 morts et des millions de réfugiés et déplacés depuis mars 2011.

Sur le terrain, les groupes rebelles ont encore marqué des points vendredi sur les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), en les chassant de Saraqeb (nord-ouest), leur dernier bastion de la province d'Idleb (nord-ouest), et en gagnant du terrain dans la région d'Alep, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Par ailleurs, au Royaume-Uni, deux Britanniques accusés vendredi d'être entrés en Syrie à des fins terroristes vont comparaître samedi à Londres, a annoncé la police. Un autre homme, soupçonné d'avoir participé à un camp d'entraînement terroriste syrien, a été arrêté.

bur-pa/jr

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