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Coeur artificiel Carmat: à 30 jours de l'implantation, aucun problème de prothèse

17/01/2014 03:25 EST | Actualisé 19/03/2014 05:12 EDT

Trente jours après la première implantation d'un coeur artificiel "bioprothétique" chez un Français de 75 ans, il n'y a "aucun problème de prothèse", ont assuré les médecins vendredi devant un parterre de spécialistes.

Le professeur Christian Latrémouille, qui a opéré le patient à l'hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) à Paris, a indiqué vendredi: "On est à 30 jours de l'implantation sans aucun problème de prothèse".

"C'est l'un des critères de succès pour l'opération", a ajouté le chirurgien qui s'exprimait devant une assemblée de spécialistes réunis aux 24e Journées européennes de la Société française de cardiologie (SFC) à Paris.

"Aujourd'hui, on a un patient à 30 jours et on est en train de sélectionner les trois patients suivants", a poursuivi le Pr Latrémouille.

Mais "on ne peut pas entrer dans les détails sur le patient, on est tenu par l'ANSM (l'agence du médicament) et la société Carmat" qui a conçu ce coeur artificiel autonome, a-t-il dit.

Longuement applaudi, le professeur Alain Carpentier, cofondateur de Carmat qui a dirigé l'opération, a pour sa part donné toutes sortes de détails techniques sur son coeur artificiel.

Il a insisté sur les caractères novateurs de sa prothèse cardiaque en indiquant que "tout était intégré sauf les batteries."

Ce coeur est "copié au mieux et au plus près de la nature" et tous les éléments ont été testés pour atteindre une sécurité de cinq ans, a-t-il noté.

"Ce qui le différencie des prothèses antérieures, c'est qu'il est définitif, physiologique et bio-compatible", a-t-il souligné.

A l'heure actuelle, les batteries (externes) ont une autonomie de deux heures" et le projet prévoit que lorsque le patient "veut commencer à se déplacer, il porte une ceinture de batteries avec une autonomie de deux heures", selon le Pr Carpentier. "Pour la nuit il ne doit pas oublier de brancher son coeur artificiel", a-t-il plaisanté.

Préalablement à l'implantation humaine, il y a eu "35 implantations sur animaux, sans jamais aucun problème, c'est une véritable Rolls", s'est réjoui le Pr Latrémouille.

Les animaux en question étaient "des génisses charolaises de 100 à 120 kg".

Ce coeur artificiel ne nécessite pas de traitement anti-rejet malgré l'origine bovine de matériaux bioprothétiques en contact avec le sang au niveau des valves.

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