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Chine: un journal dénonce la "malveillance" d'un économiste ouïghour arrêté

17/01/2014 10:49 EST | Actualisé 19/03/2014 05:12 EDT

La Chine doit réprimer les "cerveaux" derrière les terroristes et lutter contre ceux qui prêchent "dans l'intention de nuire", a affirmé samedi un journal chinois dans un éditorial justifiant l'arrestation cette semaine d'un éminent intellectuel ouïghour.

Le professeur Ilham Tohti est connu pour dénoncer la répression visant les habitants de sa région d'origine, le Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine. Il a été interpellé mercredi à Pékin et conduit dans un endroit inconnu, a relaté à l'AFP son épouse.

"La spécificité de Tohti tient au fait qu'il soit ouïghour, et lui et l'Occident semblent en tirer parti", a affirmé le journal Global Times, accusant cet enseignant de l'Université centrale des nationalités de donner des cours au ton "agressif".

"La loi permettra de trancher équitablement sur les infractions présumées de Tohti. Mais il est étrange qu'une telle personne soit encore autorisée à donner des cours dans une université", a ajouté le quotidien.

"Les autorités doivent réprimer avec fermeté les terroristes tout comme les cerveaux derrière eux", a poursuivi le Global Times, en relevant le "lien étroit entre Tohti et l'Occident", mis en évidence selon le journal par la réaction du Département d'Etat américain qui s'est dit "très préoccupé" par le sort de l'intellectuel.

Ilham Tohti est "suspecté d'avoir commis des violations de la loi", a affirmé jeudi un porte-parole de la diplomatie chinoise.

Soutenu par de nombreux intellectuels et militants réformistes, cet économiste de 44 ans a fondé Uighurbiz.net, un site d'information sur le Xinjiang en chinois et en ouïghour.

Constamment surveillé, en particulier lors de ses déplacements au Xinjiang, interdit de facto de quitter le territoire, Ilham Tohti était depuis des années dans le collimateur des autorités.

Les Ouïghours, musulmans turcophones, forment la première ethnie du Xinjiang. Ils se disent exclus des efforts d'investissements de Pékin dans leur région et entravés dans la pratique de leur religion et de leur culture.

Le 28 octobre dernier, Pékin a été le théâtre, selon la police, d'un attentat-suicide perpétré par trois extrémistes ouïghours qui ont précipité leur voiture contre l'entrée de la Cité interdite, faisant deux morts et 40 blessés.

Le professeur Tohti avait mis en garde contre la tentation de stigmatiser les Ouïghours après ces faits.

Mais selon le Global Times "Tohti a cherché à trouver une excuse morale à des terroristes".

seb/bap

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