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Attaque à Kaboul contre un restaurant fréquenté par les étrangers, 14 morts

17/01/2014 02:28 EST | Actualisé 19/03/2014 05:12 EDT

Au moins quatorze personnes, dont plusieurs étrangers, ont péri vendredi à Kaboul dans une violente attaque menée par un commando taliban qui a ouvert le feu "de manière arbitraire" sur les clients d'un restaurant libanais fréquenté par la communauté expatriée.

Quatre employés de la mission de l'ONU en Afghanistan (Unama), qui pourraient s'être trouvés à proximité du restaurant, étaient en outre portés disparus et "pourraient figurer parmi les morts", a indiqué à l'AFP l'organisation internationale.

L'attaque, revendiquée par les insurgés talibans, a visé "La Taverne du Liban", un restaurant du centre de Kaboul prisé par les diplomates, consultants, travailleurs humanitaires et autres représentants de la communauté expatriée qui vit dans la capitale afghane.

Vendredi est un jour chômé en Afghanistan est l'établissement était vraisemblablement bondé.

Peu après 19H00 locales (14H30 GMT), "un kamikaze s'est fait exploser devant le restaurant", a indiqué le ministre adjoint de l'Intérieur, Mohammad Ayoub Salangi.

Profitant de la confusion provoquée par la puissante détonation, qui a résonné dans tout le centre-ville de Kaboul, deux autres assaillants armés ont réussi à s'introduire dans l'établissement et se sont mis à tirer "de manière arbitraire" sur les clients, a-t-il ajouté.

Ils ont eux-mêmes été abattus à la suite d'un échange de tirs avec des commandos des forces de sécurité afghanes, arrivés rapidement sur les lieux.

A la suite de cette attaque, "14 autres personnes, dont des étrangers, ont trouvé la mort", a déclaré à des journalistes le chef de la police de la ville, Mohammad Zahir, sans préciser la nationalité des victimes étrangères.

L'attaque a été revendiquée par le porte-parole des talibans, Zabiullah Mujahid, dans un courrier électronique affirmant qu'elle avait fait de "nombreuses victimes parmi les clients étrangers, des Allemands pour la plupart".

Plusieurs personnes présentes dans le restaurant au moment de l'attaque ont décrit des scènes d'une rare violence.

"Un homme est entré en criant +Allah akbar!+"

"J'étais assis dans la cuisine avec des amis quand l'explosion est survenue", a déclaré à l'AFP Abdul Majid, un des cuisiniers de La Taverne du Liban.

"De la fumée est entrée dans la pièce. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un accident avec une bonbonne de gaz, mais juste après, un homme est entré en criant +Allah akbar!+ ("Dieu est grand"). Et il a commencé à tirer", a-t-il dit.

"Un des mes collègues a été touché et s'est effondré (il décèdera par la suite). Alors j'ai couru jusqu'au toit et j'ai sauté pour atteindre la maison d'à côté", a-t-il poursuivi. Souffrant de fractures aux jambes, Abdul Majid a été hospitalisé dans la soirée.

A Washington, la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki a "condamné dans les termes les plus fermes cet acte ignoble de terrorisme", tandis que le chef de la mission de l'ONU en Afghanistan, Jan Kubis, a jugé cette violence "inacceptable".

Cette attaque est survenue cinq jours après un attentat suicide commis par un kamikaze taliban qui a fait exploser sa charge contre un car de police à Kaboul, tuant deux personnes, dont un membre des forces de l'ordre afghanes.

Les rebelles lancent régulièrement des attaques à Kaboul, en particulier contre les symboles du pouvoir. L'an dernier, les insurgés avaient perpétré de violents attentats contre la Cour suprême (15 morts) et la présidence (trois morts), mais Kaboul avait toutefois été relativement épargnée par les violences ces derniers mois.

Chassés du pouvoir en 2001 par une coalition internationale dirigée par les Américains, les talibans mènent une insurrection meurtrière en Afghanistan, et les tentatives de négociations de paix n'ont pour le moment débouché sur aucun résultat concret.

Ces violences persistantes suscitent l'inquiétude, la force de l'Otan en Afghanistan devant retirer ses troupes d'ici à la fin de l'année. Ce retrait doit s'effectuer de surcroît dans un contexte politique sensible, une élection présidentielle étant prévue le 5 avril.

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