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15/01/2014 06:22 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Le quotidien d'Etat birman New Light of Myanmar promet de renaître "indépendant"

La ligne éditoriale du quotidien d'Etat birman New Light of Myanmar, connu sous l'ancienne junte pour ses diatribes contre les médias étrangers, sera "indépendante" grâce à sa renaissance cette année après sa privatisation partielle, a assuré un responsable.

Depuis la dissolution de la junte en mars 2011, la Birmanie a lancé des réformes politiques et économiques spectaculaires. Elle a notamment tenté de se débarrasser de son image d'ennemi de la liberté de la presse, en abolissant la censure préalable, en autorisant la publication de quotidiens privés et en libérant les journalistes emprisonnés.

New Light of Myanmar, quotidien officiel en anglais, a lui aussi entrepris sa transformation, remplaçant ses slogans incendiaires accusant la BBC et d'autres médias étrangers de diffuser des "programmes meurtriers" et de "semer la haine parmi le peuple", par des pages "people" et des résultats sportifs.

Il a également été partiellement privatisé, une entreprise birmane prenant une participation de 49%, et prévoit d'abandonner le tabloïd pour un grand format, avec plus de pages en couleur et la volonté de se concentrer sur ce qui "intéresse" les lecteurs.

"Nous serons comme le Guardian" britannique, a assuré Ye Naing, un responsable du ministère de l'Information, également porte-parole du journal.

"Sa ligne éditoriale sera indépendante. Nous avions de la propagande (...) sous le régime militaire, selon la politique de l'époque", a-t-il admis, évoquant les slogans anti-BBC. "Mais le gouvernement est différent maintenant. Alors il n'y aura rien de tel".

Les autorités "n'interféreront pas" mais le journal devra de son côté se comporter de façon "éthique", ne pas lancer d'attaques personnelles ou "inciter aux conflits", a-t-il ajouté.

La renaissance du journal devrait intervenir en mai, a encore indiqué Ye Naing, notant que le projet avait déjà pris plusieurs mois de retard.

La Birmanie a bondi du 169e au 151e rang au classement 2013 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, mais certains militants continuent de s'inquiéter, notant par exemple que les nouvelles lois sur les médias continuent d'exercer une pression, certes plus subtile, sur les journalistes.

Des journalistes birmans avaient d'ailleurs manifesté début janvier à Rangoun pour dénoncer de nouvelles menaces contre la liberté de la presse.

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