Émeute à Victoriaville : une manifestante blessée poursuit la Sûreté du Québec

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VICTORIAVILLE ENQUETE INDEPENDANTE
CP

Une jeune femme poursuit la Sûreté du Québec pour usage excessif de la force après avoir subi une double fracture de la mâchoire et perdu six dents lors de l'émeute en marge du Conseil général du Parti libéral du Québec à Victoriaville, en mai 2012.

Au plus fort de l'émeute, Dominique Laliberté-Martineau affirme qu'elle se trouvait en retrait de la foule lorsqu'elle a été atteinte par une balle de caoutchouc, que des manifestants ont ramassée près d'elle, quelques instants plus tard.

La balle aurait été tirée par une arme dont les conditions d'utilisation sont strictement réglementées.

« Ce sont des armes qui projettent des balles de plastique dures, c'est juste juste en-dessous de l'arme à feu. Autrement dit, l'étape d'après, on va tirer des balles réelles sur la foule », affirme l'avocat de la plaignante, Me Jean-Pierre Ménard.

Selon Me Ménard, les services policiers ont fait usage d'une force excessive contre la jeune femme, qui manifestait pacifiquement. Il soutient qu'ils ont également tiré dans la foule plusieurs balles de caoutchouc à l'aveugle et à hauteur du visage, ce qui est formellement interdit.

« Essentiellement, à Victoriaville, l'action de la police était mal organisée, mal planifiée et mal exécutée. Donc on a plusieurs éléments qui laissent voir que cette opération-là, ce n'était pas une opération modèle de police », soutient Me Ménard.

Aujourd'hui, Dominique Laliberté-Martineau attend d'être opérée une nouvelle fois à la mâchoire et ses traitements dentaires sont loin d'être terminés. Elle poursuit donc la Sûreté du Québec en dédommagement pour la somme de 220 000 $, mais également pour créer un précédent et « engendrer une réflexion sur comment gérer ces manifestations-là, parce que c'est vraiment un droit important pour toute la population de se sentir en sécurité », explique-t-elle.

Il s'agit de la première poursuite contre un service de police qui découle directement des événements liés au printemps érable. Le procureur général, qui représente la Sûreté du Québec, n'a pas voulu commenter cette affaire.

D'après le reportage de Normand Grondin

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