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07/01/2014 11:00 EST | Actualisé 07/01/2014 11:02 EST

«Série noire», à Ici Radio-Canada Télé: auteurs cherchent inspiration (VIDÉO)

Alors, Série noire, est-ce aussi bon que Les invincibles? Les attentes étaient grandes au visionnement de presse des deux premiers épisodes du nouveau projet du tandem d’auteurs Jean-François Rivard et François Létourneau, lundi matin.

Évidemment, on ne peut juger des qualités d’une série entière en se basant uniquement sur les deux premières heures, ni présumer de son succès – qui aurait pu prévoir que les frasques de Carlos, P-A, Steve et Rémi s’inscriraient autant dans la mémoire collective? -, mais à la lumière de ce qui a été présenté aux journalistes, on peut dire que ça s’annonce bien. Très, très bien. Vous pourrez vous faire votre propre opinion dès lundi prochain, le 13 janvier, à 21h.

Un peu plus flyée que ne l’était Les invincibles, Série noire nous entraîne dans l’univers de deux auteurs, Denis (François Létourneau) et Patrick (Vincent-Guillaume Otis) – la fiction n’a rien d’autobiographique, si ce n’est qu’on pourrait retrouver certains traits de caractère de Rivard et Létourneau chez les protagonistes. Les amis de longue date ont pondu ensemble La loi de la justice, un thriller policier télévisé bourré d’invraisemblances et malmené par les critiques. Série noire s’ouvre d’ailleurs sur la grande finale de La loi de la justice, dont les images ressemblent à un mauvais film de série B. Heureux de voir cette aventure chaotique se terminer, Denis et Patrick célèbrent en grand la fin de leur émission, à l’extérieur, dans le froid, une bière à la main, en brûlant les papiers incendiaires des journaux à leur sujet. Le duo souhaite tourner la page et oublier ce chapitre peu valorisant de sa carrière. Patrick, notamment, aspire à retourner enseigner au cégep et à reconquérir son ex-copine, Léa (Caroline Bouchard), qui l’a quitté récemment, délaissée qu’elle se sentait par les ambitions créatives de son chum.

Le cauchemar se poursuit

Seul problème, si leur feuilleton n’a pas plu aux médias, il a séduit le public. Les cotes d’écoute de La loi de la justice n’ont pas cessé d’augmenter de semaine en semaine, surtout en région. Et leur diffuseur réclame une deuxième saison. Ils doivent donc imaginer une suite. Nos créateurs accueillent la nouvelle comme un coup de bâton en plein visage. Leur exubérante productrice, Louise (savoureuse Louise Bombardier, qui vous fera assurément rigoler), elle, est aux anges, et veut que ses poulains se mettent à l’ouvrage le plus tôt possible. Mais le cœur n’y est pas.

Or, une succession d’incidents insufflera une dose d’inspiration à Denis. D’abord, une rencontre avec un adepte de La loi de la justice, Marc Arcand (Marc Beaupré) le marquera profondément. C’est le moins qu’on puisse dire; Marc Beaupré s’est entraîné activement et a pris des cours de nunchaku, un art martial, pour ce rôle. Puis, Denis surprend sa femme, Judith (Édith Cochrane) en pleins ébats sexuels avec une bonne amie. Non certaine de vouloir quitter le père de sa fille, Judith a néanmoins besoin d’un petit remontant dans son couple et est un peu tanné des déconfitures de Denis. «Tout ce qu’il touche, ça devient de la marde», confiera-t-elle à sa copine.

Denis n’a donc rien à perdre et décide de plonger à fond – encore là, ce n’est pas qu’une figure de style, comme vous le verrez au premier épisode. Il tente de convaincre Patrick par des moyens saugrenus d’embarquer avec lui dans une «expérience de scénarisation sans précédent». Exaspéré, Patrick refuse. On sent que l’amitié entre les deux garçons s’étiole, mais le lien inconditionnel les ramène toujours l’un à l’autre. Et Patrick finit par accepter la proposition de Denis : vivre des situations rocambolesques avant de les coucher sur papier et de les filmer à la caméra. Autrement dit, se prêter aux intrigues de La loi de la justice avant de les faire vivre à leurs personnages. À titre d’exemple, chacun leur tour, ils provoqueront un accident de voiture, s’égareront dans le bois, essaieront de s’allier une conseillère juridique et tenteront de provoquer une descente dans un salon de massage. Patrick jouera aussi une belle grosse comédie à Léa afin de la culpabiliser; du grand art.

On devine que leur démarche mènera Denis et Patrick très loin. Plus Série noire avancera, plus les gars auront le bras coincé de plus en plus loin dans l’engrenage. Parfois, ce seront eux qui provoqueront les événements…. mais les événements finiront aussi par venir à eux. Avec les résultats qu’on peut anticiper.

«Leur vie va devenir une aventure», précise Joanne Forgues, productrice de Série noire.

On sourit et on rit à plusieurs reprises pendant les deux premiers épisodes de Série noire. Bernard Derome agit à titre de narrateur et introduit chacun des visages de la série avec des descriptions hilarantes et stupéfiantes. Vous entendrez vraiment Bernard Derome comme vous ne l’avez jamais entendu. S’il pourrait devenir agaçant si on en abusait, le procédé est au contraire utilisé à justes doses, et est très drôle et efficace. Certains personnages colorés se démarquent aussi du lot : le grossier et mal engueulé, mais sympathique comédien interprété par Guy Nadon, vous surprendra par ses propos salaces. Nadon s’éclate ici dans un contre-emploi fort amusant. En masseuse «qui en a vu d’autres», Anne-Élisabeth Bossé pétille également.

Similitudes avec Les invincibles

Jean-François Rivard et François Létourneau n’ont pas voulu réécrire Les invincibles, mais ceux qui ont suivi assidûment les péripéties du quatuor d’éternels gamins se retrouveront en terrain connu. Même humour décalé, même deuxième degré dans certaines scènes à cheval entre le malaise et la drôlerie, même réalisation inventive de Jean-François Rivard. Alors que Les invincibles s’attardait au besoin de liberté et aux tribulations amoureuses des trentenaires, Série noire dépeint les questionnements professionnels d’hommes au tournant de la quarantaine, même si on ne se penche pas sur la crise de la quarantaine à proprement parler. Les notions de pacte, de se lancer un défi à soi-même, d’amitié entre gars sont aussi présentes dans les deux œuvres. Série noire devrait assurément rejoindre le même public que Les invincibles.

Depuis la fin des Invincibles, en 2009, Jean-François Rivard a tourné des publicités et François Létourneau a fait beaucoup de théâtre. Tous deux voulaient attendre d’avoir une idée géniale avant de proposer une nouvelle œuvre télévisée. Série noire a été tournée entre janvier et mai 2013, dans des conditions parfois extrêmement difficiles, une neige abondante et des nuits à – 40 degrés.

La première saison de Série noire compte 12 épisodes, et un deuxième volet est actuellement en écriture. Alain Zouvi, Hugo Dubé, Jacques L’Heureux et Martin Drainville complètent la distribution.

Le lundi à 21h, dès le 13 janvier, a Ici Radio-Canada Télé.

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