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07/01/2014 06:44 EST | Actualisé 07/01/2014 06:47 EST

Conférences, conseils et autres: les ex-chefs d'État ont bien gagné leur vie en 2013

AFP

Diriger un État n'a jamais rendu riche un responsable politique occidental. Mais monnayer son expérience auprès des plus grandes entreprises ou auditoires triés sur le volet peut avoir de sacrées retombées. Selon les médias britanniques, l'ancien premier ministre Tony Blair a gagné la somme de 13 millions de livres en 2013, soit près de 23 millions $. Un pactole accumulé grâce à ses conseils prodigués à la banque américaine JP Morgan, au géant de l'assurance Zurich International et une compagnie pétrolière coréenne. Mais ce n'est pas tout, loin de là.

L'ancien locataire du 10 Downing Street n'a rien à envier au tempérament des investisseurs les plus chevronnés. Tony Blair diversifie ses activités: il a aussi distillé ses précieux conseils au gouvernement du Kazakhstan et a donné plusieurs conférences payées 438 000 $ en moyenne par apparition. Son entreprise, le fonds Windrush Ventures, a enregistré un chiffre d'affaires de 21 750 000 $ en 2013, tandis que sa deuxième firme, Firerush Ventures, a aussi dépensé plus de 21 millions $ pour couvrir ses frais (loyers, voyages, hôtels...).

Le site officiel de l'ancien chef d'État stipule d'ailleurs que les chiffres de ces 2 sociétés ne concernent que les "coûts globaux" de ses activités. Mais selon un comptable ayant été chargé d'étudier ses comptes, Tony Blair a eu "une très bonne année, sa meilleure depuis qu'il a quitté le gouvernement en 2007". Toutes les transactions ne sont pas publiques, mais l'on a récemment su qu'il avait touché 1 million d'euros, soit environ 1 460 000 $, pour débloquer un contrat entre la compagnie anglo-suisse de négoce Glencore et le Qatar.

Outre le conseil, la part la plus visible des rémunérations des anciens chefs d'État provient des conférences. C'est dans ces réunions organisées par de grandes entreprises qu'une poignée de participants peut se délecter d'un ancien ténor politique. Il faut parfois débourser des milliers de dollars pour assister à l'une d'elles. Si votre pedigree le permet.

Bill Clinton, champion des conférences

Tony Blair aurait touché jusqu'à 655 000 $ pour un discours de 2 heures et demi aux Philippines en 2013. Mais il n'est pas le plus cher: l'ancien président américain Bill Clinton (1993-2001) aurait gagné 750 000 $ en réalisant un "speech" à Hong-Kong pour l'entreprise de télécommunication Ericsson. Selon sa fondation, Bill Clinton a prononcé 54 discours rémunérés en 2011, lui rapportant 13,4 millions $. Treize ans ans après son départ de la Maison-Blanche, il aurait ainsi empoché la somme rondelette de 89 millions $. Pour Tony Blair, sa fortune s'élèverait aujourd'hui à plus de 100 millions $...

Du côté des autres Européens, on reste dans des dimensions plus modestes même si les conférences assurent des revenus importants. L'ancien chanchelier allemand Gerhard Schröder (1998-2005) ferait payer sa présence 100 000 euros (environ 145 000 $), sans jamais regretter ses anciennes occupations. On se souvient de ses mots à la presse étrangère pour ses adieux. "Et maintenant, monsieur le chancelier, quels sont vos projets?" lui avait demandé un journaliste. Schröder pas hyprocrite pour un sou, lança: "Maintenant, je vais gagner de l'argent!"

En plus de ses conférences, Gerhard Schröder est conseiller sur la politique internationale de Ringier, le groupe de presse suisse. Son salaire n'a pas été révélé mais tournerait autour de 200 000 $. On lui connaît aussi la jouissance d'un bureau au cinquième étage du siège, à Zurich, avec vue sur le lac. Il a également prodigué quelques bonnes paroles aux banques d'affaires Goldman Sachs et Rothschild.

Ce n'est toutefois rien en comparaison de sa poule aux œufs d'or: le géant gazier russe Gazprom. L'ex-chanchelier a été nommé pour diriger le conseil de surveillance du consortium germano-russe, chargé de la construction du gazoduc reliant la Russie à l'Allemagne sous la Baltique. Un projet pharaonique, pour lequel il toucherait au minimum 365 000 $ par an, tout en siégeant au board du pétrolier russo-britannique TNK-BP (290 000 $ par an). Des niveaux que l'on est encore loin d'atteindre pour un ex-président français.

Le Qatar fait les yeux doux à Sarkozy

Nicolas Sarkozy aurait touché entre 950 000 $ et 1,1 million $ pour le fruit de ses conférences (en plus de sa retraite de président estimée à 92 000 $ par an). C'est bien le seul chef d'État français à avoir monnayé sa présence à des grandes entreprises. Un procédé très "anglo-saxon".

L'ancien président de la République s'est produit à 6 reprises cette année. Pour le compte de la Chambre du commerce de Montréal (avril), la conférence SALT (mai), la banque d'affaires américaine Goldman Sachs (juin et novembre), le groupe indien Tata (septembre) et la conférence Access (décembre). Les sommes n'ont jamais été dévoilées publiquement mais varieraient entre 100 000 $ et 300 000 $ par prestation.

Nicolas Sarkozy pourrait à l'avenir compter sur ses relations avec les Qataris pour diversifier ses revenus. Selon un article du Financial Times paru en mars dernier, l'émirat prévoyait de le propulser à la tête d'un fonds d'investissement. À la clé, une rémunération annuelle de plus de 4 millions $, sans compter les intérêts.

S'il décide de ne pas repartir à la conquête de l'Élysée en 2017, il pourra mettre en pratique le plan de carrière qu'il s'était tracé après son élection. "Je fais ça pendant cinq ans, et ensuite, je pars faire du fric comme Clinton", rapportait Le Point en 2008. S'il manque encore un peu de marge pour atteindre le niveau de l'ancien président américain, la reconversion est bien entamée.


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