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Pakistan: explosion chez un chef tribal, au moins 10 morts (autorités)

06/01/2014 04:53 EST | Actualisé 07/03/2014 05:12 EST

Au moins dix personnes ont été tuées et neuf blessées lundi dans une explosion apparemment accidentelle chez un chef de tribu de l'instable nord-ouest du Pakistan, ont annoncé à l'AFP les autorités locales.

La déflagration a eu lieu dans un village isolé proche de la frontière afghane dans la vallée de Tirah, théâtre récurrent d'affrontements entre l'armée et des groupes rebelles talibans, selon ces sources.

Tirah se trouve dans la Khyber, l'une des sept zones tribales semi-autonomes qui bordent l'Afghanistan, des territoires isolés et démunis et régulièrement secoués par les attentats et les violences politiques ou mafieuses.

L'explosion a eu lieu dans la pièce où le chef de tribu, Hakim Khan, avait l'habitude de recevoir ses visiteurs, a déclaré à l'AFP un des responsables de l'administration locale, Nasir Khan.

"Nous tentons de déterminer la cause exacte de l'explosion", a-t-il indiqué, ajoutant qu'elle semblait a priori être de nature accidentelle.

Comme dans de nombreuses maisons des zones tribales, "des explosifs et obus de mortiers étaient entreposés chez Hakim Khan" et ce sont eux qui ont explosé, a poursuivi Nasir Khan, en soulignant que rien à ce stade n'attestait de l'appartenance d'Hakim Khan à un groupe rebelle.

"Selon les premières informations, l'explosion a tué au moins 10 personnes, dont trois enfants, et blessé neuf autres", a-t-il ajouté, en précisant qu'une enquête était en cours pour déterminer son origine.

L'explosion et ce premier bilan ont été confirmés à l'AFP par un autre responsable local.

L'armée pakistanaise avait lancé l'an dernier une offensive dans la vallée de Tirah, une zone montagneuse truffée de refuges peu accessibles aux autorités qui abrite nombre de trafics et groupes rebelles et mafieux.

Les militaires visaient notamment les rebelles talibans et de la milice du Lashkar-e-Islam, qui y avaient avancé au point de menacer la cité proche et stratégique de Peshawar, la plus grande ville du nord-ouest.

Khyber abrite également la principale route de passage des camions de ravitaillement de la force de l'Otan dirigée par les États-Unis en Afghanistan, par où celle-ci prévoit également de rapatrier une partie de son matériel dans le cadre de son retrait du pays prévu à la fin de cette année.

L'offensive militaire avait fait fuir des dizaines de personnes de Khyber dans les premiers mois de 2013, selon plusieurs ONG. En juin, l'armée avait annoncé avoir repris le contrôle de tous les points stratégiques de la région.

L'armée pakistanaise combat depuis plusieurs années la tenace rébellion menée par les talibans du TTP dans leurs bastions des zones tribales, considérées par Washington comme le principal quartier général des talibans afghans, qui combattent l'Otan de l'autre côté de la frontière, et pakistanais et de leurs alliés d'Al-Qaïda dans la région.

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