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Les parents d'un jihadiste français annoncent sa mort en Syrie

06/01/2014 07:20 EST | Actualisé 08/03/2014 05:12 EST

Les parents d'un jeune jihadiste français parti en Syrie combattre les troupes de Bachar al-Assad viennent d'apprendre sa mort par texto, dans une opération kamikaze, quelques mois après celle de son demi-frère, a-t-on appris lundi auprès du père des deux jeunes hommes.

La mère, Dominique Bons, a reçu le 2 janvier un texto lui annonçant la mort de son fils Nicolas, 30 ans, a expliqué à l'AFP son ex-époux, Gérard Bons.

"J'ai rappelé le numéro syrien affiché sur mon portable. Un homme parlant le français m'a expliqué que Nicolas s'était fait exploser avec un camion, avec un autre combattant, le 22 décembre, dans la région de Homs", a déclaré Dominique Bons au quotidien Libération.

Joint par l'AFP au téléphone en Guyane, où il réside, M. Bons a expliqué avoir tenté en vain d'appeler son fils Nicolas à plusieurs reprises pour lui souhaiter son anniversaire le 23 décembre.

"Je n'aurais jamais cru qu'il en arriverait à ce niveau-là dans cette religion. C'est abominable", a ajouté le chef d'entreprise dont le deuxième fils, demi-frère de Nicolas, Jean-Daniel, avait été tué début août en Syrie à l'âge de 22 ans.

Tous deux convertis à l'islam, ils avaient rejoint la Syrie en mars, via l'Espagne et la Turquie, faisant croire alors à leurs proches qu'ils s'envolaient pour la Thaïlande. Là-bas, ils auraient rejoint les rangs de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), une formation proche d'Al-Qaïda.

Nicolas "m'avait toujours dit qu'il n'avait pas le courage de Jean-Daniel pour aller combattre. Il disait qu'il restait à l'arrière, qu'il faisait du prosélytisme. J'en veux vraiment aux gens qui l'ont conditionné. Parce qu'il a été conditionné, incontestablement, pour mener une action comme ça. Ce sont des assassins, des gens qui arrivent à conditionner des gens pour en faire des bombes humaines, de la chair à canon", a accusé M. Bons.

Les deux demi-frères, originaires de Toulouse (sud-ouest), étaient apparus début juillet dans une vidéo de propagande, où Nicolas brandissait kalachnikov et Coran.

Cette vidéo était destinée à encourager "les frères" à venir "le rejoindre dans la terre qu'Allah a bénie" et comprenait un appel au président François Hollande à se convertir à l'islam, à désavouer ses "alliés juifs et américains" et à se retirer du Mali.

Selon des spécialistes du renseignement, plusieurs milliers d'Européens, parmi lesquels des centaines de Français, sont partis combattre en Syrie ou voudraient le faire. Ces mouvements constituent l'une des principales sources de préoccupation des services antiterroristes français.

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