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Cambodge: brève interpellation de militantes du droit de la terre

06/01/2014 07:23 EST | Actualisé 08/03/2014 05:12 EST

Cinq militantes cambodgiennes impliquées dans des conflits fonciers ont été interpellées lundi pendant quelques heures, alors que les autorités semblent déterminées à empêcher toute nouvelle action contre le Premier ministre Hun Sen.

Les cinq femmes ont été interpellées alors qu'elles se préparaient à manifester pour réclamer la libération d'autres militants emprisonnés, selon des témoins et des défenseurs des droits de l'Homme.

Elles ont été relâchées huit heures plus tard, sans aucune charge retenue contre elles, selon l'une d'entre elles. "Les autorités ont gravement violé nos droits", a déclaré à l'AFP Tep Vanny, après sa libération.

Elle a assuré que son groupe continuerait son action auprès des victimes d'expulsions même si les autorités leur ont ordonné de ne plus manifester.

Les militantes font partie de la communauté de Boeung Kak, où des milliers de familles ont été expulsées pour faire place à un projet immobilier sur les bords d'un lac de Phnom Penh.

Les autorités n'ont pas pu être jointes.

Les défenseurs des droits de l'Homme ont dénoncé ces interpellations, y voyant un nouveau signe d'une campagne du régime pour faire taire ses opposants.

"Les autorités cambodgiennes semblent avoir abandonné tout semblant de démocratie, d'état de droit ou de justice", a dénoncé Tola Moeun, du Centre pour l'éducation légale du Cambodge.

"Ces femmes ne faisaient clairement rien de mal. La question est: qu'est-ce qui va suivre et qui seront les prochains. Cette folie doit s'arrêter maintenant".

Hun Sen, au pouvoir depuis près de trente ans, fait face à une fronde grandissante de la part des ouvriers du secteur textile et des partisans de l'opposition qui réclament son départ et de nouvelles élections.

Vendredi, les forces de l'ordre avaient ouvert le feu sur des ouvriers du textile qui réclamaient des augmentations de salaire, faisant trois morts selon la police, au moins quatre selon les défenseurs des droits de l'Homme.

Au lendemain de cette répression, les autorités ont interdit toute nouvelle manifestation, dispersant des partisans du principal parti d'opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), réunis depuis des semaines dans un parc de la capitale.

Et les leaders du CNRP Sam Rainsy et Kem Sokha ont été convoqués le 14 janvier par la justice pour être interrogés sur les récentes violences.

Hun Sen, 61 ans, au pouvoir depuis 1985, a promis d'y rester encore au moins dix ans.

Son Parti du peuple cambodgien (CPP), malgré son plus mauvais score depuis 1998, a remporté 68 sièges aux législatives de juillet dernier, contre 55 au CNRP, selon les résultats officiels.

Mais l'opposition a revendiqué la victoire, dénonçant un "coup d'Etat constitutionnel" et ses députés boycottent l'Assemblée nationale.

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