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Turquie: Erdogan se dit "favorable" à une révision des cas des officiers condamnés

05/01/2014 01:24 EST | Actualisé 07/03/2014 05:12 EST

Le gouvernement turc est "favorable" à un rejugement de centaines d'officiers condamnés dans deux procès pour complot contre le régime islamo-conservateur, sur fond de crise politique en Turquie, a déclaré dimanche soir le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

"Nous avons une attitude favorable concernant un rejugement", a-t-il dit devant la presse à l'aéroport d'Istanbul avant de partir en tournée en Asie.

Interrogé sur la question de savoir ce qu'envisageait son gouvernement, M. Erdogan est resté vague sur les modalités juridiques d'une nouvelle procédure mais souligné que "des travaux sont en cours" au ministère de la Justice.

"Il faut tout d'abord établir un fondement juridique à de nouveaux procès", a-t-il dit, espérant avoir le soutien au Parlement de l'opposition pour ce faire.

Le président de l'influente Union des barreaux (TBB), Metin Feyzioglu, s'est entretenu lors du week-end avec le chef de l'Etat, Abdullah Gül, et M. Erdogan, leur remettant une série de propositions juridiques en faveur des militaires condamnés.

Ce développement intervient après le dépôt d'une plainte de l'état-major des forces armées turques sollicitant la révision de deux procès retentissants qui ont envoyé en 2012 et 2013 plusieurs centaines de gradés derrière les barreaux, au motif que les preuves utilisées contre eux ont été fabriquées.

Cette action en justice survient alors que le gouvernement se débat depuis plus de deux semaines dans un scandale de corruption qui a révélé au grand jour la guerre que se livrent les partisans de M. Erdogan et la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen, très influente dans la police et la magistrature turques.

Cette initiative de l'institution militaire a été présentée par les commentateurs turcs comme une alliance de fait avec le régime de M. Erdogan contre le mouvement Gülen, perçue comme à l'origine de ces vastes procès.

Ces procès ont permis à M. Erdogan de réduire l'influence politique de l'armée pro-laïque, qui a mené trois putschs et contraint un gouvernement d'inspiration islamiste à la démission depuis 1960.

BA/mr

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