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L'Antarctique, une zone internationale dédiée à la science

05/01/2014 05:37 EST | Actualisé 07/03/2014 05:12 EST

Territoire international dédié à la science, l'Antarctique attire des chercheurs du monde entier, notamment des spécialistes du climat, mais aussi un nombre croissant de touristes curieux de découvrir le "continent blanc".

- A quand remonte la conquête de l'Antarctique?

Le continent a été découvert progressivement entre 1820 et 1840, par des explorateurs russes, britanniques et français. Mais il a fallu attendre le XXème siècle pour que l'Antarctique soit véritablement exploré. Le 14 décembre 1911, le Norvégien Roald Amundsen a été le premier à atteindre le pôle Sud géographique au terme d'une course épique avec le Britannique Robert Scott qui devait y laisser la vie.

Continent de tous les extrêmes, l'Antarctique collectionne les superlatifs: le plus froid, le plus sec, le plus désert, le plus venteux mais aussi le plus élevé avec une altitude moyenne de 2.300m.

Sa surface est d'environ 14 millions de km² l'été, soit 26 fois la France métropolitaine.

- Quel est le statut de l'Antarctique?

Ce continent est encadré par le traité sur l'Antarctique, signé en 1959 et entré en vigueur en 1961. Il interdit toute militarisation du continent, le réservant "aux seules activités pacifiques" et garantit la liberté de recherche scientifique. Il place le territoire en dehors d'une souveraineté nationale et gèle toute revendication territoriale. Sept Etats revendiquent toutefois la possession d'une partie du continent (à l'instar de la France avec la Terre Adélie).

- Quel type de recherche y est réalisé?

Les recherches effectuées en Antarctique sont "principalement liées au changement climatique", explique à l'AFP Yves Frenot, directeur de l'Institut polaire français Paul-Emile Victor. "Les deux pôles froids de la planète ont une action sur la circulation des océans, ce qui fait le climat de la planète", dit-il. Des reconstitutions des climats du passé sont réalisées, "avec des carottages glaciaires car la glace enregistre la mémoire du climat". Des recherches sont également effectuées sur le trou d'ozone, la chimie de l'atmosphère, sur l'évolution de la biodiversité, sur l'astronomie, etc.

- Combien de stations sont installées en Antarctique?

Il y a entre 70 et 80 stations, mais seulement 40 sont permanentes ou ouvertes toute l'année, selon Yves Frenot. A part trois stations, elles sont toutes situées sur le littoral.

En période d'été austral (novembre-février), entre 4.000 et 4.500 personnes, des scientifiques et des logisticiens, sont sur place. Les Américains sont les plus nombreux (environ 2.000). En hiver, il y a moins de 2.000 personnes en Antarctique.

Outre les Etats-Unis, les pays les plus actifs en Antarctique sont l'Australie, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et l'Italie, relève Yves Frenot.

- Y-a-t-il des recherches de ressources naturelles?

En 1991, le Protocole de Madrid, relatif à la protection de l'environnement et signé pour une durée de 50 ans, a interdit toute exploitation minière et pétrolière en Antarctique. Le continent obtient alors le statut de "Réserve naturelle internationale consacrée à la science et à la Paix". Toute recherche à d'autres fins que scientifique est interdite.

- Le tourisme est-il en développement?

Le tourisme s'est beaucoup développé: on est passé de 4.000 touristes par an au début des années 90 à environ 30.000 touristes aujourd'hui, indique Yves Frenot.

- Comment ces touristes arrivent-ils en Antarctique?

"95% d'entre eux viennent en bateau de croisière ou en petit voilier depuis Ushuaïa" (Argentine) pour se rendre dans la péninsule antarctique, en face de l'Amérique du sud, explique à l'AFP Christian de Marliave, directeur des éditions Paulsen, consacrées aux régions polaires. Le trajet prend environ 3 jours. "Les gens vont voir des icebergs, des mammifères marins, des manchots. Certains passent sur une base scientifique", poursuit-il.

"Quelques uns, les plus sportifs, vont au coeur du continent, en prenant plusieurs petits avions". Au programme: ski et ascension de sommets. "D'autres destinations restent assez confidentielles", comme celles situées face à la Tasmanie ou à la Nouvelle Zélande, avec le risque d'être pris dans les glaces, comme cela a été le cas pour le navire russe l'Akademik Chokalskiï et le chinois Xue Long, venu le secourir.

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