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Khodorkovski veut se battre de Suisse pour les prisonniers russes

05/01/2014 03:07 EST | Actualisé 07/03/2014 05:12 EST

Arrivé dimanche en Suisse après avoir quitté Berlin, l'ex-oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski, qui a passé dix ans en prison en Russie, a promis de se battre pour la libération d'autres prisonniers politiques dans son pays.

"On ne peut pas vivre tranquillement quand on sait qu'il y a des prisonniers politiques qui croupissent dans les prisons" russes, a déclaré M. Khodorkovski dans un entretien à la télévision suisse publique SRF, dont un reporter l'accompagnait dans le train le menant de Berlin à la ville de Bâle.

Il devait ensuite gagner une autre ville suisse inconnue.

"Je crois que l'engagement pour libérer des gens emprisonnés injustement est le devoir du citoyen lambda. Cela n'a rien à voir avec la politique", a-t-il ajouté.

Selon une porte-parole contactée par l'AFP, M. Khodorkovski avait quitté l'Allemagne avec son épouse par le train dimanche pour se rendre en Suisse "où ses enfants vont à l'école".

La porte-parole n'avait pas voulu préciser la ville de Suisse où l'ancien prisonnier russe comptait aller.

D'après la télévision suisse SRF, M. Khodorkovski est arrivé à Bâle à 18H54 locales en provenance de Berlin, accompagné de son épouse Inna, de sa fille Nastia et de ses fils jumeaux, Gleb et Ilja. Selon plusieurs médias helvètes, son épouse et ses deux fils vivent près de la ville de Montreux.

"Le but de sa visite est motivé par des raisons familiales, M. Khodorkovski et son épouse accompagnant leurs deux fils qui retournent à l'école en Suisse", a de son côté assuré dans un communiqué la société qui gère sa communication Creafactory.

L'ancien homme le plus riche de Russie qui séjournait à Berlin depuis sa sortie de prison, s'était réjoui lundi dernier d'avoir obtenu un visa de trois mois pour la Suisse, "second pays où il pourra respirer l'air de la liberté".

Les autorités helvétiques avaient "accepté la demande de Mikhaïl Khodorkovski d'un visa Schengen" qui lui permet de circuler au sein des 26 pays européens de l'espace Schengen, dont la Suisse, durant trois mois.

Avant son arrestation en 2003, l'ex-oligarque possédait avec ses associés au moins quatre sociétés à Genève.

Arrêté en 2003, il avait été condamné en 2005 et 2010 sur des accusations de fraude fiscale, escroquerie, vol de pétrole et blanchiment, que de nombreux observateurs occidentaux ont jugé comme relevant d'une justice sélective et instrumentalisée.

Gracié à la surprise générale le 20 décembre par le président russe Vladimir Poutine après dix années d'emprisonnement, M. Khodorkovski avait reçu un visa d'un an pour l'Allemagne qui a oeuvré en coulisse à sa libération.

Il avait fait part de son intention de ne pas rentrer en Russie en raison d'une condamnation au civil toujours valide d'un montant de 550 millions de dollars.

Dans plusieurs interviews, M. Khodorkovski qui, selon nombre d'observateurs, a payé pour avoir tenu tête à Vladimir Poutine, montré trop d'indépendance et financé des partis d'opposition, avait exclu de se lancer dans la lutte politique à proprement parler, et de financer l'opposition.

Il avait néanmoins déclaré vouloir s'engager en faveur des prisonniers politiques en Russie.

"Les responsables politiques des pays occidentaux doivent se souvenir, en ayant des relations avec le président Poutine, que je ne suis pas le dernier prisonnier politique en Russie", avait-il déclaré lors de sa première conférence de presse à Berlin, deux jours après sa libération.

"Je vais tout faire pour qu'il n'y en ait plus, faire tout ce que je pourrai", avait-il insisté.

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