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Kerry chez ses alliés jordanien et saoudien pour faire avancer la paix

05/01/2014 03:43 EST | Actualisé 06/03/2014 05:12 EST

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry poursuivait dimanche sa mission de paix au Moyen-Orient chez ses alliés jordanien et saoudien après trois jours de tractations ardues avec les Israéliens et les Palestiniens qui n'ont débouché sur aucune percée.

"Je peux assurer toutes les parties que le président Barack Obama et moi-même sommes déterminés à proposer des idées qui soient justes et équilibrées et qui améliorent la sécurité de toutes les populations", a déclaré M. Kerry avant de quitter Jérusalem.

"La voie devient plus claire. Le puzzle se met en place et les décisions difficiles qui restent à prendre sont devenues beaucoup plus évidentes pour tout le monde (...) mais cela prend du temps", a expliqué le secrétaire d'Etat.

M. Kerry est arrivé dimanche matin à Amman pour rencontrer le roi Abdallah II et le ministre des Affaires étrangères Nasser Jawdeh, avant de s'envoler pour l'Arabie saoudite pour des entretiens avec le roi Abdallah "afin de faire le point et de parler de ce que nous allons essayer de faire dans les jours à venir".

La monarchie hachémite, gardienne des lieux saints musulmans de Jérusalem, en particulier l'esplanade des Mosquées, et deuxième pays arabe à avoir signé un traité de paix avec Israël, est frontalière de la Cisjordanie, censée former la majeure partie d'un futur Etat palestinien.

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite occupe également une position cardinale, en tant notamment qu'auteur de l'initiative de paix de la Ligue arabe.

Lors de cette nouvelle tournée, la dixième dans la région depuis mars, M. Kerry a présenté aux Israéliens et Palestiniens un projet d'"accord-cadre" traçant les grandes lignes d'un règlement définitif sur les frontières, la sécurité, le statut de Jérusalem et le sort des réfugiés palestiniens.

Les responsables américains n'ont pas révélé les détails du texte, qui a peu de chance d'être adopté en l'état par les deux camps.

M. Kerry noté samedi des "progrès" dans les négociations à l'issue d'entretiens marathon depuis jeudi avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas.

Mais les divergences entre Israël et les Palestiniens restent très profondes.

'Discussions très difficiles'

M. Netanyahu n'a pas caché une certaine colère lors de son entrevue samedi soir avec le diplomate américain, selon les médias israéliens, tandis que des sources palestiniennes faisaient état de discussions "très difficiles".

Israël a rejeté à son tour les propositions des Etats-Unis pour assurer la sécurité dans la vallée du Jourdain, le long de la frontière entre la Cisjordanie et la Jordanie.

"La sécurité doit rester entre nos mains. Tous ceux qui proposent une solution consistant à déployer une force internationale, des policiers palestiniens ou des moyens technologiques ne comprennent rien au Moyen-Orient", a affirmé dimanche le ministre des Relations internationales Youval Steinitz, un proche de M. Netanyahu.

M. Steinitz faisait allusion à un projet américain portant sur le déploiement de systèmes de défense et de surveillance sophistiqués dans la vallée du Jourdain en cas de retrait israélien de cette région. Cette proposition a été élaborée fin 2013 par le général John Allen, ancien chef de la coalition internationale en Afghanistan et conseiller spécial pour le Moyen-Orient.

M. Netanyahu exige qu'un futur État palestinien soit démilitarisé et qu'Israël puisse y maintenir une présence militaire à long terme sur la frontière avec la Jordanie.

Les Palestiniens insistent sur la fin de l'occupation de leur territoire, mais acceptent le déploiement d'une force internationale, une option rejetée par Israël.

D'après les médias arabes et israéliens, les Etats-Unis auraient proposé un maintien de forces israéliennes aux frontières entre la Cisjordanie et la Jordanie pendant 10 ou 15 ans après la signature d'un traité de paix, ce que refusent les Palestiniens.

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