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Israël: des milliers de demandeurs d'asile africains manifestent à Tel-Aviv

05/01/2014 05:47 EST | Actualisé 07/03/2014 05:12 EST

Des milliers de demandeurs d'asile africains, entrés clandestinement en Israël par l'Egypte, ont manifesté dimanche dans le centre de Tel-Aviv, a constaté l'AFP.

Ces manifestants ont dénoncé le refus des autorités israéliennes d'examiner leurs demandes pour obtenir un statut de réfugiés ainsi que le placement de centaines d'entre eux dans des centres de rétention.

"Nous sommes tous des réfugiés !Oui à la liberté, non à la prison", ont-ils scandé en anglais.

Soutenus par des militants israéliens, ils ont également décrété une grève de trois jours sur leurs lieux de travail, notamment dans la restauration et l'hôtellerie où ils sont souvent employés.

"Nous avons fui des persécutions, des dictatures, des guerres civiles, des génocides. Le gouvernement israélien doit étudier nos demandes d'asile et nous traiter comme des êtres humains", a déclaré à l'AFP Daoud, un Érythréen entré illégalement en Israël il y a quatre ans.

Cet immigré, qui a requis l'anonymat pour des "raisons de sécurité", a précisé qu'une marche était prévue lundi en direction des bureaux du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ainsi que devant des ambassades étrangères à Tel-Aviv.

"Au lieu de nous considérer comme des réfugiés, le gouvernement israélien nous traite comme des criminels", a-t-il déploré.

Selon une loi votée le 10 décembre, les immigrés clandestins peuvent être placés jusqu'à un an en rétention, dans le cadre d'une procédure qui ne nécessite pas de procès.

A la suite de l'adoption de ce texte, un centre de détention surnommé Holot a été ouvert le mois dernier dans le sud d'Israël. Il a accueilli dans un premier temps 484 immigrés illégaux.

Ce centre est ouvert durant la journée, mais ses occupants doivent pointer à trois reprises et y passer la nuit.

Destiné à accueillir 3.000 personnes, il peut être agrandi afin d'en recevoir près de 11.000.

Les autorités israéliennes ont estimé à 60.000 le nombre d'Africains entrés clandestinement sur son territoire et lancé une campagne qui a abouti au départ ou à l'expulsion de 3.920 d'entre eux.

L'an dernier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'était dit "déterminé" à expulser "les dizaines de milliers de migrants clandestins" installés dans les villes israéliennes.

Israël a achevé l'an dernier la construction d'une clôture électronique le long des 230 km de frontière avec l'Egypte, ce qui a permis de réduire pratiquement à néant le nombre d'infiltrations.

jlr/agr/cco

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