DIVERTISSEMENT

Eva Avila: faire le saut en français

05/01/2014 05:56 EST | Actualisé 05/01/2014 05:56 EST
Courtoisie

On l’a découverte grâce à Canadian Idol, en 2006. Ses deux premiers albums, Somewhere Else (2006) et Give Me The Music (2008) étaient en anglais. Elle a déposé ses valises à Toronto il y a plusieurs années. Mais Eva Avila a toujours rêvé d’enregistrer du matériel en français. Ses admirateurs le lui réclament aussi depuis longtemps.

«J’ai grandi à Gatineau et ma langue maternelle, c’est le français, insiste Eva, en entrevue téléphonique depuis la Ville Reine. Pour moi, c’est important de chanter en français, d’être authentique en faisant honneur à mes souches. Et si, techniquement, mon adresse est toujours à Toronto, j’ai l’intention de m’installer de façon un peu plus stable à Montréal, en ce début d’année, parce que ça me manque énormément.»

Dans cet esprit, la jeune femme de 26 ans nous fait aujourd’hui cadeau, et se gâte elle-même, d’un premier titre dans la langue de Molière, À mille saisons d’ici, qui est en fait la version française de son extrait Bitter Meets Sweet. Les deux interprétations de la pièce seront disponibles sur un mini-album (EP) de six chansons, Dream You Better, qui paraîtra au printemps, et sur lequel Eva compte insérer d’autres morceaux francophones. À mille saisons d’ici, une balade pop, a été lancée en octobre dernier et a déjà abondamment tourné sur les ondes de Rythme FM, Rouge FM et dans des stations du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario.

«C’est une chanson qui évoque beaucoup de nostalgie, de la mélancolie, indique Eva Avila. Je voulais illustrer que, souvent, quand on prend des décisions, on débat entre le cœur et la raison, la logique et les émotions. Ça parle d’une séparation, mais aussi du fait qu’on doit toujours jeter un regard en arrière et se demander si on a pris la bonne décision. Je pense que beaucoup de gens peuvent s’identifier à ce genre de situation. Et musicalement, ce n’est pas tellement sombre. C’est joyeux et up tempo, même si on entend une petite tristesse dans la mélodie.»

Pour adapter Bitter Meets Sweet et la métamorphoser en À mille saisons d’ici, Eva Avila s’est allié la collaboration de son bon ami Richard Petit, avec qui elle prend part depuis quelques années à la tournée des Vikings, un collectif musical réunissant plusieurs artistes. L’entreprise a été périlleuse, mais enrichissante, et Eva compte renouveler l’expérience dès que possible.

«J’ai fait appel à Richard, parce qu’il a une magnifique plume. Il m’a aidée à traduire le premier couplet, puis le refrain. Ce n’est pas évident de faire une traduction mot pour mot de l’anglais au français et, au début, ça me rendait très insécure. Mais c’a été un beau travail d’équipe, on a travaillé fort et je suis très satisfaite du résultat. J’ai l’intention de demander encore le soutien de Richard pour les prochains singles que je vais adapter en français.»

De grosses pointures

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis qu’Eva Avila a remporté le concours télévisé Canadien Idol, en 2006. Celle qui sortait alors à peine de l’adolescence est aujourd’hui une adulte de plus en plus accomplie et en pleine possession de ses moyens. «Je sais ce que je veux, j’ai plus d’assurance, je suis plus en contrôle», assure-t-elle d’une voix ferme.

Après avoir proposé ses deux premiers opus sous l’étiquette Sony BMG, Eva évolue maintenant sous la gouverne d’Entertainment One Music Canada où, affirme-t-elle, on lui laisse énormément de liberté. La chanteuse a d’ailleurs pu choisir elle-même les collaborateurs qu’elle souhaitait voir se joindre au projet Dream You Better. De grosses pointures apporteront donc leur contribution à l’aventure : le réalisateur Rob Wells (Justin Bieber, Mika, Selena Gomez, Cindy Lauper, et qui a également réalisé le Somewhere Else d’Eva), le parolier Christopher Ward (à qui on doit le succès Black Velvet, d’Alannah Myles) et l’auteure-compositrice portugaise Liz Rodrigues (Céline Dion, Eminem, Dr.Dre, Dan Hill). Quelques détails et arrangements demeurent à fignoler d’ici la sortie du EP mais, déjà, Avila se sent sur la bonne voie.

«C’est vraiment une belle équipe, remarque Eva. Lorsque j’entrais en studio avec eux, je leur exposais mes idées et ce dont je voulais parler. Et les gens d’Entertainment One Music Canada sont super fins. Ils ne m’imposent aucun délai et ils tiennent à ce que je sois à l’aise avec le produit fini. On me respecte beaucoup.»

Télévision, cinéma, animation

Habile à se produire en français, en anglais et même en espagnol, puisque son père est péruvien, Eva Avila ne s’impose aucune limite et aimerait conquérir tous les marchés, incluant celui de l’Amérique latine. Mais, consciente de la fragilité du domaine qui lui permet de briller depuis sept ans, la jeune étoile estime important de diversifier ses activités, de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

«Dans cette industrie, il faut être polyvalent, note-t-elle. C’est un milieu imprévisible, ce sont des montagnes russes constantes. Depuis que je suis toute jeune, je fais du théâtre musical. J’ai une agente à Montréal et Toronto, et je passe des auditions pour la télévision, le cinéma, la publicité. J’ai joué de petits rôles ici et là et je fais parfois des voix en studio. J’aimerais aussi animer, faire de la radio. Tout ce qui a trait au showbiz me fait vibrer. Il faut absolument avoir plusieurs cordes à son arc, parce que de vivre aisément sur le plan financier en ne faisant que de la musique, ce n’est vraiment pas évident.»

Même à court terme, Eva Avila voit grand. D’ici peu, un nouvel extrait de Dream You Better devrait rouler sur les ondes radiophoniques. Si la réponse du public au EP est bonne, la brunette aimerait y ajouter six ou sept titres et en faire un album complet vers la fin de l’année. Elle espère aussi offrir des spectacles bientôt, même si aucune date n’est officiellement arrêtée dans son agenda.

On peut se tenir au courant des projets d’Eva Avila en consultant son site web.

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