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Combats à travers le Soudan du Sud malgré les négociations prévues (armée)

05/01/2014 08:41 EST | Actualisé 07/03/2014 05:12 EST

De violents combats se poursuivaient dimanche dans différentes régions du Soudan du Sud, a déclaré l'armée, alors que des pourparlers directs entre les deux camps qui s'affrontent depuis trois semaines devaient débuter en Ethiopie.

Le porte-parole de l'armée, Philip Aguer, a signalé des affrontements dans les Etats de l'Unité et du Nil supérieur, dans le nord, affirmant que les forces régulières avançaient vers leurs capitales tenues par les rebelles.

Il a ajouté que les soldats gouvernementaux s'apprêtaient à reprendre la ville de Bor, à 200 km au nord de Juba, dont elles n'étaient plus distantes que de 15 km.

Mais il a admis que des unités gouvernementales avaient fait défection dans deux Etats du Sud et du Sud-Ouest.

Les forces de l'armée soudanaise (SPLA) "avancent" vers Bentiu, capitale de l'Etat de l'Unité, dans le nord, qui est tenue par les rebelles partisans de l'ancien vice-président Riek Machar, a affirmé M. Aguer

"Nous essaierons de faire notre devoir constitutionnel (...) tôt ou tard, notre but est Bentiu", a-t-il souligné.

Il a affirmé également qu'il y avait des affrontements dans un champ pétrolifère près de Malakal, dans l'Etat du Nil supérieur, également dans le nord, ainsi que dans l'Etat de Jonglei, dans le centre, où les forces gouvernementales tentaient toujours d'en reprendre la capitale Bor.

"C'est une question de temps. Nos forces avancent vers Bor", ville stratégique qui a changé de main trois fois depuis le début des affrontements, le 15 décembre 2013.

"Les rebelles se rendent compte de ce qu'ils mènent une guerre inutile", a-t-il dit.

Néanmoins, le porte-parole a admis que l'armée régulière avait connu deux défections.

Une unité de la ville de Yei, au sud de Juba, est passée à la rébellion, abandonnant nombre de véhicules militaires.

Une autre défection a eu lieu dans l'Etat de l'Equateur occidental, dans le sud-ouest, qui avait été jusqu'ici plutôt épargné par les combats.

Toutefois, M. Aguer a assuré que le gouvernement "contrôlait la plus grande partie du pays", répétant que la situation était "sous contrôle".

"Nous disons avec confiance à l'opinion que le Soudan du Sud est relativement stable", a-t-il ajouté.

De violents combats ont également eu lieu dans la nuit dans la capitale, Juba, que des habitants fuyaient dimanche en direction de la frontière ougandaise, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Le porte-parole militaire n'a pas commenté ces informations, disant seulement que le gouvernement "enquêtait sur ce qui s'est passé exactement".

Cette poursuite du conflit intervient alors que belligérants devaient entamer dimanche à Addis Abeba des négociations directes pour tenter de mettre fin à trois semaines de combats.

Ces négociations entre représentants du président Salva Kiir et de M. Machar, dont les troupes s'affrontent depuis le 15 décembre, devaient débuter dans l'après-midi, après une ouverture formelle des pourparlers la veille. Elles n'avaient toujours pas commencé dans l'après-midi.

Les conflits dans ce pays enclavé de près de 11 millions d'habitants, indépendant depuis 2011, ont forcé environ 200.000 personnes à fuir leurs foyers et ont touché indirectement plusieurs centaines de milliers de personnes, selon l'ONU.

Il y aurait également plusieurs milliers de morts.

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