NOUVELLES

Tunisie: la liberté de conscience dans la Constitution, l'Etat "protecteur du sacré"

04/01/2014 11:11 EST | Actualisé 06/03/2014 05:12 EST

La Constituante tunisienne a approuvé samedi un article de la future Constitution garantissant la liberté de conscience et faisant de l'Etat le "protecteur du sacré", des points qui ont suscité de vives controverses pendant des mois.

L'article 6 fait de l'Etat "le gardien de la religion", "le protecteur du sacré", le "garant de la liberté de conscience" et le charge de s'assurer de la neutralité des mosquées et des lieux de cultes.

Cet article a été vivement débattu, Azed Badi du parti Wafa, un parti proche des islamistes, estimant que la liberté de conscience permettrait "aux satanistes, à l'idolâtrie d'organiser des manifestations publiques (...) pour propager leurs croyances".

A l'inverse, pour Sonia Ben Toumia, élue du parti islamiste Ennahda, "l'islam est une religion garantissant la liberté de culte aux autres".

"Ceux qui s'opposent à la liberté de conscience veulent nous ramener à des périodes noires de l'Histoire où des tribunaux inspectaient la conscience des gens", a souligné aussi Iyed Dahmani, un député de l'opposition laïque.

L'assemblée a aussi maintenu le rôle de l'Etat en tant que garant de la religion et du sacré, une disposition jugée trop vague et critiquée par la Ligue tunisienne des droits de l'Homme.

"Il faut lever le flou (...) sur l'article 6 qui donne à l'Etat le droit de parrainer la religion et de protéger le sacré qui peut aboutir à des interprétations menaçant la citoyenneté, les libertés", estime la Ligue qui recommandait que l'Etat soit garant des "religions" afin d'éviter un interprétation concernant uniquement l'islam.

Dans la matinée, la Constituante, où les islamistes d'Ennahda sont majoritaires, a rejeté l'islam comme source de droit tout en en faisant la religion du pays, conformément à un compromis avec l'opposition.

ms-alf/faa

PLUS:hp