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Pogba-Garcia, le match des coqueluches françaises d'Italie

04/01/2014 10:49 EST | Actualisé 06/03/2014 05:12 EST

Juventus-AS Rome, dimanche, oppose les deux idoles françaises de la Serie A, Paul Pogba, le joueur le plus coté d'Italie, à Rudi Garcia, entraîneur du miracle romain, deux parcours similaires.

Coups de foudre

Les deux sont arrivés sur la pointe des pieds. Pogba a débarqué un an plus tôt à la Juve, à 19 ans, l'été 2012, avec seulement quelques bouts de matches et premiers tours de Coupe de la Ligue anglaise avec Manchester United sur le CV. L'opération gratuite pour la Juve est devenue l'affaire du siècle: aujourd'hui le milieu dynamiteur est évalué à 65 millions d'euros sur le marché des transferts, et n'a toujours pas prolongé son contrat avec le club, énorme revalorisation à la clef.

Quand Rudi s'est posé à Rome, seules les blagues sur le Sergent Garcia circulaient parmi des tifosi échaudés par deux saisons annoncées comme des révolutions mais complètement ratées, et humiliés par la défaite en finale de Coupe d'Italie contre la Lazio, l'ennemi absolu. En trois matches, dont un derby gagné, et quelques aphorismes ("Nous avons remis l'église au centre du village") il est devenu l'idole des "romanisti". Derrière le Dieu vivant Francesco Totti, tout de même.

Adaptation

Pour passer d'inconnus à idoles en si peu de temps, Pogba et Garcia ont chacun à leur façon su se fondre dans le calcio. "Paul le Poulpe" a vite appris la sacro-sainte tactique, que les footballeurs italiens prennent au biberon. Sa mentalité de gagneur a également parfaitement collé avec Antonio Conte. Le jour où son entraîneur lui a reproché de moins en faire, de se croire arrivé, Pogba remonté a signé un doublé contre l'Udinese (4-0) sur deux frappes "canons de Navarone".

Garcia a courbé l'échine devant les critiques médiatiques de principe, répétant: "Je ne demande qu'à être jugé sur mon travail". Il a maintenu sa préparation d'avant-saison sans stage longue-durée, a nettoyé les têtes du traumatisme post-Coupe d'Italie, et surtout a eu l'intelligence d'enrôler à ses idées les deux chefs du vestiaire, Totti et Daniele De Rossi. Le sens tactique de Garcia est de bon niveau, selon les exigeants observateurs, et ses qualités de meneur d'hommes font l'unanimité.

Contrats

Maintenant qu'ils ont conquis l'Italie, leurs clubs en sont déjà à se demander comment les garder. La Serie A ne peut plus rivaliser financièrement avec les clubs les plus puissants. Andrea Agnelli, le président de la Juve, a déjà dit publiquement qu'il serait dur de retenir le joueur le plus "bankable" d'Italie en cas d'offre pharaonique. Pogba devrait rester jusqu'à la fin de la saison, mais cet été les dizaines de millions du Paris SG ou d'autres clubs de l'élite financière européenne pourraient le happer.

A la Roma on ne parle pas encore trop de la prolongation de contrat de Rudi Garcia. "Nous avons trouvé l'entraîneur du futur, dit Totti. On cherche à le suivre, parce qu'ayant de la considération pour lui, nous pouvons viser haut". Mais les succès de l'entraîneur français, qui a commencé par battre le record d'Italie de dix victoires d'affilée dès le coup d'envoi du championnat, attireront les convoitises. Lui ne s'en préoccupe pas pour l'instant et prépare son duel avec Antonio Conte, après avoir remporté celui avec un de ses mentors, Rafael Benitez (2-0 contre Naples).

eba/pgf

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