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Des journaux tunisiens déplorent le premier débat "désolant" sur la Constitution

04/01/2014 04:43 EST | Actualisé 05/03/2014 05:12 EST

Des journaux tunisiens s'indignaient samedi matin du spectacle "désolant" du premier débat consacré la veille à l'adoption de la future Constitution, un processus censé s'achever le 14 janvier prochain, un calendrier incertain face à l'ampleur des tiraillements.

Le premier quotidien francophone du pays, La Presse, revenant sur les débats de la Constituante vendredi, marqués par les disputes de députés, les interruptions de séance et les problèmes de procédure, regrette "les scènes désolantes qui nous ont été données de suivre".

"Ceux qui parmi les Tunisiens et les Tunisiennes s'attendaient à vivre en cette journée du 3 janvier 2014 un moment solennel à l'occasion du démarrage de la discussion de la Constitution (...) en ont eu pour leurs frais", poursuit le journal qui compare l'hémicycle à "une arène sauvage où tous les coups bas sont permis".

Le quotidien Attounisia relève que l'Assemblée nationale constituante (ANC) déjà "gaspillé beaucoup de temps pour rédiger une nouvelle Constitution pour la Tunisie".

"Il y aura d'autres entraves qui vont encore apparaître certainement, ce qui va rendre la naissance de cette nouvelle Constitution douloureuse", prédit le journal.

Moins critique, le Maghreb relève néanmoins que l'adoption de la Constitution pour le 14 janvier, date du troisième anniversaire de la fuite du président Zine El Abidine Ben Ali, semble compromise malgré les engagements des élus.

"Il y chez tous les députés de l'ANC une volonté d'achever la ratification de la Constitution dans les délais impartis, mais le rythme lent va à l'encontre de cette volonté politique", a-t-il noté.

La première séance d'examen du projet de Constitution vendredi n'a permis l'adoption que d'une partie de son préambule, et les élus devront encore se pencher sur quelque 146 articles et plus de 200 amendements.

Interrompue pendant des heures en raisons de disputes des députés et de problèmes de procédures, la séance a finalement été reportée à samedi 08H00 GMT (09H00 locale), mais celle-ci n'avait pas commencé une heure après ce rendez-vous.

Élue en octobre 2011, l'Assemblée nationale constituante devait achever sa mission en un an, mais le processus a été ralenti par un climat politique délétère, l'essor de groupes jihadistes armés et des conflits sociaux.

Ses travaux ont aussi été minés par l'absentéisme des élus, les erreurs de procédures et un boycott de l'opposition de plusieurs mois après l'assassinat de l'opposant Mohamed Brahmi le 25 juillet, à l'origine d'une profonde crise politique qui n'a toujours pas été résolue.

alf/cnp

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