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Birmanie: Suu Kyi appelle l'armée à soutenir une réforme de la constitution

04/01/2014 06:08 EST | Actualisé 06/03/2014 05:12 EST

La chef de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi a appelé samedi l'armée, sans laquelle la Constitution ne peut pas être amendée, à s'impliquer dans une réforme du texte controversé datant de l'ancienne junte.

"Nous devons accepter ouvertement que la Constitution n'est pas juste, pas en accord avec les normes démocratiques", a déclaré la prix Nobel de la paix à l'occasion du 66e anniversaire de l'indépendance du pays.

"Tatmadaw (nom de l'armée birmane, ndlr) ne doit pas rester dans un dilemme sur le fait de participer ou non à l'amendement de la Constitution. Elle doit y participer, elle a un rôle important", a-t-elle ajouté.

Depuis sa libération de résidence surveillée en 2010, Suu Kyi a fait de la réforme de la Constitution de 2008, rédigée par l'ancienne junte et approuvée par référendum une semaine après le passage du cyclone Nargis (138.000 morts ou disparus), une de ses priorités.

Le texte arroge des pouvoirs immenses aux militaires, leur octroyant notamment de droit 25% des sièges du Parlement.

Il interdit également à un Birman marié à un étranger ou ayant des enfants étrangers de devenir président, empêchant ainsi Suu Kyi, mariée à un Britannique aujourd'hui décédé et mère de deux enfants titulaires de passeports étrangers, d'accéder à la magistrature suprême.

Suu Kyi a clairement fait savoir qu'elle visait le poste de président, qui sera octroyé par le Parlement à l'issue des législatives de 2015 pour lesquelles son parti, la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), est favori.

Une commission parlementaire rassemblant des membres de différents partis politiques et de l'armée a commencé à travailler sur une réforme de la Constitution il y a quelques mois et doit rendre son rapport d'ici à la fin janvier.

Le président birman Thein Sein a apporté son soutien cette semaine à une telle réforme, notamment de l'article qui empêche Suu Kyi de devenir présidente.

Mais une réforme nécessitera un soutien de l'armée. Tout amendement au texte requiert en effet plus de 75% des voix au Parlement, soit au moins une voix des militaires d'active.

Depuis la dissolution de la junte en mars 2011, la Birmanie a entrepris des réformes spectaculaires, dont est crédité Thein Sein.

Il a notamment permis le retour de Suu Kyi au coeur du jeu politique légal, libéré des centaines de prisonniers politiques et entamé des discussions de paix avec les groupes rebelles des minorités ethniques.

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