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Vente libre de voitures à Cuba à des prix astronomiques

03/01/2014 11:59 EST | Actualisé 05/03/2014 05:12 EST

La vente libre de véhicules a officiellement débuté vendredi à Cuba, après un demi-siècle de restriction par le régime communiste, mais à des prix astronomiques qui ont provoqué l'incrédulité et le désespoir des éventuels acquéreurs, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Une Peugeot 4008 était ainsi affichée à un prix de 239.500 dollars chez le concessionnaire Sasa de La Havane, alors que la marque française offre un prix catalogue de base de 34.150 euros (46.000 dollars).

Des véhicules d'occasion étaient également proposés, provenant généralement du parc de voitures de location de l'Etat, à des prix décourageants : chez le concessionnaire Cimex une Hyundai Sonata 2010 s'affichait à 60.000 dollars et une Volkswagen Passat de la même année à 67.500 dollars.

"Je pensais acheter une voiture, j'avais environ 20.000 dollars, mais c'est impossible", explique à l'AFP Dorian Lopez en consultant, incrédule, la liste des prix affichés par la Sasa, dans le sud-ouest de la capitale cubaine.

"Avec ces prix, non seulement je ne peux pas acheter, mais je ne peux même pas en rêver", se lamente le musicien cubain Alfred Thompson, devant le concessionnaire de Cimex du quartier de Miramar, dans l'ouest de La Havane.

"C'est monstrueux, ils disent que les voitures sont en vente à Cuba, mais c'est un manque de respect pour le peuple, personne ne peut acheter à ce prix, c'est impossible", se lamente Bernardo Garcia, un routier de 35 ans.

La vente libre de véhicules a été annoncée le 19 décembre par le gouvernement cubain pour répondre à "la nouvelle situation économique" et rénover un parc automobile réduit, constitué aux deux tiers de vieilles voitures américaines des années 50 et soviétiques des années 70 et 80.

Le décret annonçant le début de la vente, publié mardi, annonçait la mise en place d'un système de taxes qui devait élever d'environ 50% le prix d'importation des véhicules.

La nouvelle législation élimine notamment les "lettres d'autorisation" délivrées chaque année à quelques milliers de Cubains privilégiés pour leur permettre d'acheter une voiture.

"Nous avons été misérablement trompés, c'est un abus, cela fait deux ans que j'ai la lettre, mais ça c'est pour les millionnaires, pas pour le peuple", bouillonne Mayra Echarpe, 57 ans, chef du personnel du Centre national de musique populaire de La Havane.

Après l'autorisation donnée en 2011 de la vente de véhicules d'occasion entre particuliers, la possibilité d'acheter des véhicules neufs était une des principales demandes de la population cubaine, qui dispose d'un salaire mensuel moyen de 20 dollars.

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