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Turquie: deux députés kurdes en détention provisoire depuis trois ans libérés

03/01/2014 09:13 EST | Actualisé 05/03/2014 05:12 EST

Un tribunal de Diyarbakir (est de la Turquie) a ordonné vendredi la libération de deux députés kurdes soupçonnés de liens avec la rébellion du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), au lendemain d'un arrêt de la Cour constitutionnelle jugeant leur détention trop longue.

Tous deux élus du Parti de la paix et de la démocratie (BDP, pro-kurde), Ibrahim Ayhan et Gülser Yildirim se trouvaient en détention provisoire depuis leur arrestation en 2010 et comparaissent depuis plusieurs mois devant un tribunal de Diyarbakir, le chef-lieu du sud-est à majorité kurde de Turquie.

Saisie sur requête de leurs avocats, la Cour constitutionnelle a estimé jeudi que le maintien en détention de M. Ayhan et de Mme Yildirim violait leurs droits.

Trois autres députés du BDP interpellés eux aussi en 2010 dans la même affaire se trouvaient toujours incarcérés, dans l'attente d'un arrêt à venir de la haute juridiction turque.

Avant de l'ordonner finalement vendredi, le tribunal de Diyarbakir avait refusé à plusieurs reprises la remise en liberté de ces deux parlementaires, provoquant une grève de la faim de plusieurs jours de six de leurs collègues à l'Assemblée nationale à Ankara.

Les parlementaires pro-kurdes estiment que leur maintien en détention nuit au processus de paix engagé en 2012 entre Ankara et le PKK pour mettre fin à l'insurrection du mouvement armé kurde, qui a coûté la vie à 45.000 personnes depuis 1984.

Ces pourparlers se trouvent dans l'impasse. Le PKK a suspendu en septembre le retrait de ses combattants du sol turc entamé quelques mois plus tôt, jugeant que le gouvernement islamo-conservateur ne respectait ses promesses de réformes en leur faveur.

Le mois dernier, la Cour constitutionnelle avait déjà ordonné pour les mêmes motifs la libération d'un journaliste et député du principal parti d'opposition, Mustafa Balbay, en détention provisoire depuis plus de quatre ans dans le cadre d'une affaire de complot contre le gouvernement.

La Turquie est fréquemment épinglée par la Cour européenne des droits de l'Homme pour outrepasser la durée tolérable des détentions provisoires.

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