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Paria dans son propre pays

03/01/2014 05:03 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST
Radio-Canada.ca

Ils se croyaient citoyens de l'État où ils sont nés. Ces descendants d'immigrés haïtiens craignent maintenant de perdre la nationalité dominicaine.

Un reportage de Dorothée Giroux à Désautels le dimanche

Ils ont pourtant un acte de naissance signé par les autorités, mais ce document ne permet plus d'obtenir des documents civils. La Cour constitutionnelle de la République dominicaine a en effet décrété récemment que les descendants de migrants clandestins n'avaient pas droit à la nationalité dominicaine

L'impact de cette décision, sans appel, se fait déjà sentir, même si l'envergure et la portée de la sentence sont contestées.

Apatrides, illégaux ou irréguliers? La présidence de la République dominicaine estime que 17 000 personnes, tout au plus, sont visées par l'arrêt constitutionnel, alors que les Haïtiens et les groupes d'aide aux rapatriés évaluent qu'il y en a plus de 200 000.

Rumeurs d'expulsions massives, de boycott économique, de conflits sans fin... Sous la pression internationale, Santo Domingo et Port-au-Prince viennent de créer une commission bilatérale.

Discrimination ou nécessité de contrôler et de régulariser le statut des quelque 400 000 travailleurs haïtiens en République dominicaine?


Témoignages recueillis sur le terrain

Juliana Deguis Pierre, 29 ans, est celle qui, avec l'aide d'organisations, a porté son cas devant les tribunaux dominicains. Née en République dominicaine, elle n'a jamais mis les pieds en Haïti, et ne parle que l'espagnol.


Joseph Chérubin, du MOSCTHA (Mouvement socioculturel pour les travailleurs haïtiens en République dominicaine), explique que les immigrés haïtiens sont victimes de discrimination en République dominicaine.

L'Haïtien Amélio Paulidor a travaillé dans les plantations de canne à sucre en République dominicaine pendant 50 ans avant de se faire expulser du pays, à plus de 80 ans, sans pouvoir ramener en Haïti les économies d'une vie.