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Malawi: Banda assume le risque politique de la lutte anti-corruption

03/01/2014 09:31 EST | Actualisé 05/03/2014 05:12 EST

La présidente malawite Joyce Banda a admis vendredi avoir pris un "risque politique" en lançant une campagne anti-corruption, alors qu'approche l'élection présidentielle du 20 mai.

"J'ai pris un risque politique en lançant le combat contre la corruption cinq mois avant les élections. Mais la lutte contre la corruption doit venir en premier, et remporter les élections vient en second pour moi", a déclaré Mme Banda lors d'une cérémonie de prières oecuméniques du Nouvel An.

Joyce Banda, qui est arrivée au pouvoir en avril 2012 à la mort du président Bingu wa Mutharika (dont elle était la vice-présidente, bien que passée dans l'opposition), doit faire face à son premier test électoral avec la présidentielle du 20 mai.

Or, son gouvernement a été secoué par une grave affaire de corruption ces derniers mois, ce qui a conduit les donateurs étranger à suspendre 150 millions de dollars d'aide jusqu'à ce qu'elle ait fait le ménage.

Mme Banda a limogé en octobre des hauts responsables de son équipe, dont le ministre des Finances Ken Lipenga et le ministre de la Justice Ralph Kasambara.

Un milliard de kwachas (3 millions de dollars) ont notamment été reversés à une société fantôme, selon le Bureau anti-corruption.

Joyce Banda dit qu'elle a été menacée de mort, et fortement incitée à arrêter l'enquête impliquant de très nombreux fonctionnaires et des entreprises, accusés d'avoir méthodiquement siphonné les caisses de l'Etat. Selon le Parquet, un tiers des revenus du pays, déjà très pauvre, est ainsi détourné.

Les poursuites vont débuter avant la fin janvier, a relevé vendredi la présidente, appelant de ses voeux la formation de tribunaux spéciaux.

Un groupe catholique de défense des droits de l'homme a accusé en décembre Joyce Banda de faire "partie intégrante" du système de corruption, ce qu'a formellement démenti le ministre de l'Information Brown Mpinganjira, qualifiant ces allégations d'"incorrectes et (pas) vraies" et soupçonnant leurs auteurs d'avoir des arrières-pensées politiques.

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