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Le PM de l'Inde annonce son départ

03/01/2014 06:35 EST | Actualisé 05/03/2014 05:12 EST

Le premier ministre indien Manmohan Singh a annoncé vendredi qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat après les élections législatives de mai prochain et apporté son soutien à Rahul Gandhi, l'héritier de la dynastie Nehru-Gandhi, qui domine la vie politique indienne depuis l'indépendance.

Manmohan Singh, qui est âgé de 81 ans, dirige l'Inde depuis 10 ans à la tête de gouvernements de coalition. Son intention de ne pas se représenter n'a pas surpris les observateurs, alors que son parti, le Congrès, est en perte de vitesse dans les sondages.

« Dans quelques mois, après les élections générales, je passerai le flambeau à un nouveau premier ministre », a déclaré Manmohan Singh, lors d'une conférence de presse considérée comme étant celle de ses adieux. Une « nouvelle génération » va diriger le pays, a-t-il dit.

Il a estimé que Rahul Gandhi, 43 ans, devait être le candidat du parti du Congrès au poste de premier ministre. Vice-président du Congrès, Rahul Gandhi est le fils de Rajiv Gandhi, premier ministre assassiné en 1991 et de Sonia Gandhi, actuelle présidente du Congrès. Il est le petit-fils d'Indira Gandhi, qui dirigea le gouvernement jusqu'à son assassinat en 1984.

Le Congrès doit se réunir au plus haut niveau le 17 janvier et devrait annoncer le nom de son poulain dans la foulée.

Un nouveau PM pour faire la lutte aux nationalistes hindous

Quel qu'il soit, le candidat du Congrès sera opposé à Narendra Modi, 63 ans, du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP), en tête dans les sondages.

Narendra Modi, chef du gouvernement de l'État du Gujarat et bien implanté dans les milieux d'affaires, fait campagne sur un programme de relance économique alors que le taux de croissance de l'Inde est au plus bas depuis dix ans. Il veut aussi réduire certaines formalités administratives et a promis de lutter contre la corruption qui a entaché la réputation du Congrès.

Fin 2013, le parti a fait un mauvais score lors des municipales dans quatre grands États indiens, en grande partie à cause des affaires de corruption.

Vendredi, Manmohan Singh a estimé que l'arrivée de Narendra Modi au poste de premier ministre serait « un désastre pour le pays ».

Le premier ministre a rejeté les accusations de ceux qui l'estiment trop faible et fait indirectement allusion à Narendra Modi, dont la réputation souffre toujours des émeutes anti-musulmanes de 2002 dans le Gujarat en 2002 qui avaient fait un millier de morts, la plupart musulmans.

« Si par un premier ministre fort, vous voulez dire que vous présidez au massacre de masse de citoyens innocents dans les rues (...) je ne pense pas que ce pays ait besoin de ce type de force. Encore moins pour son premier ministre ».

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