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Le gavage télévisuel a pris beaucoup d'ampleur en 2013

03/01/2014 02:24 EST | Actualisé 05/03/2014 05:12 EST
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TORONTO - Le gavage télévisuel, c'est-à-dire l'écoute de plusieurs épisodes d'une émission en rafale, est sans aucun doute un phénomène qui a pris de l'ampleur en 2013. Les diffuseurs traditionnels en ont pris bonne note et cherchent actuellement de nouvelles options à offrir aux téléspectateurs en 2014.

Selon l'expert en télévision et professeur de culture populaire Robert Thompson, l'année 2013 est celle où se divertir devant le petit écran est devenu un comportement acceptable socialement, et même nécessaire pour les amoureux de la télé qui veulent demeurer au fait des dernières tendances.

«Si vous ne saviez pas comment la première saison d'"Orange is the New Black" se terminait dans les deux semaines (suivant sa mise en ligne), vous étiez un peu en retard», explique Thompson, qui qualifie de «brillante» la décision de Netflix de mettre en ligne simultanément tous les épisodes de la première saison. Cette stratégie a également poussé les abonnés du service en ligne à visionner d'une traite les saisons entières de «House of Cards» et d'«Arrested Development», par crainte de se faire gâcher le dénouement par quelqu'un avant de les avoir terminées.

«Les gens sont prêts à avertir qu'ils s'apprêtent à dévoiler une intrigue jusqu'à un certain point (...) Après un certain temps, ils se disent : "Si vous êtes si paresseux que vous n'avez pas pu prendre 13 heures pour regarder la série, ce n'est pas ma faute"», ajoute-t-il.

Netflix a certainement contribué à populariser le phénomène, notamment lorsqu'il a offert les premières saisons de «Breaking Bad» en ligne, permettant à ceux qui n'avaient pas encore vu la série de se rattraper rapidement. Par conséquent, la finale de la série, diffusée à la télévision traditionnelle, a obtenu des cotes d'écoute record.

Les télédiffuseurs disent maintenant qu'ils veulent jouer le jeu aussi. Global a récemment annoncé le lancement de son propre service de diffusion en continu, qui offrira l'accès à des saisons complètes de ses émissions les plus populaires, plutôt que de ne présenter que les deux ou trois plus récents épisodes.

Global Go offre des saisons complètes en ligne pendant les 60 jours suivant la diffusion du dernier épisode. Le service exige cependant que les utilisateurs ouvrent une session et n'est accessible qu'aux abonnés de certains câblodistributeurs.

David Purdy, vice-président principal au contenu de Rogers Communications, affirme que tous les grands réseaux cherchent à profiter du phénomène du gavage télévisuel.

«C'est la pointe de l'iceberg», lance-t-il au sujet du service sur demande de Global, qui inclut les plus récentes saisons de 14 émissions, dont «Dracula», «Survivor», «NCIS» et «Elementary».

Selon lui, 2014 sera l'année où l'accès aux saisons complètes des émissions les plus populaires deviendra la norme.

Mais Robert Tercek, qui analyse l'avenir des médias, se demande si les télédiffuseurs seront véritablement capables de comprendre les demandes des téléspectateurs et d'y répondre adéquatement.

«La télévision change très rapidement et les entreprises télévisuelles ne sont pas au volant, elles ne dirigent pas le véhicule. Elles se font conduire», illustre Tercek, ancien président des médias numérique de la chaîne OWN et ex-vice-président principal des médias numériques de Sony Pictures Entertainment.

«C'est un système encombrant lorsque l'on doit ouvrir une session et prouver son identité. Et c'est une double identification: il faut prouver qu'on est abonné au câble, puis ouvrir une session. C'est du travail», explique-t-il, admettant que son opinion vient de son expérience avec de tels services offerts au sud de la frontière.

«Aux États-Unis, ça a été un désastre. Les chaînes dépensent entre 10 et 20 millions $ par année pour offrir ces services, elles n'en tirent aucuns revenus, elles ne font pas d'argent, elles dépensent de l'argent et personne ne regarde. Ces choses ne fonctionnent pas.»

Selon lui, pendant que Netflix essaie de faire croître son nombre d'abonnés, en tentant de leur offrir un service qui les satisfera, les télédiffuseurs ne pensent qu'à faire de l'argent et à maximiser leurs revenus.

«Ils ne savent pas comment créer un logiciel et ne se préoccupent pas vraiment des consommateurs», avance-t-il.

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