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Le marché automobile allemand, à la peine, devrait se redresser en 2014

03/01/2014 10:57 EST | Actualisé 05/03/2014 05:12 EST

Le marché automobile allemand, le plus gros d'Europe, a enregistré un recul en 2013 pour la deuxième année consécutive mais a rebondi en décembre, s'orientant vers une légère amélioration en 2014.

Sur l'année écoulée, les immatriculations de voitures neuves ont baissé de 4,2% à 2,95 millions d'unités, passant sous le seuil des 3 millions de véhicules, selon les chiffres dévoilés vendredi par l'agence fédérale allemande de l'automobile KBA.

Elles atteignent ainsi un plus bas depuis la Réunification allemande en excluant l'année 2010, affectée par la fin de la prime à la casse dans le pays.

En 2012, le marché allemand avait déjà montré des signes d'essoufflement en se repliant de 3% alors qu'il s'était jusque-là montré plus résistant à la crise que nombre de ses voisins européens.

Le cru 2013 s'est révélé encore plus amer. Même les grands noms allemands y ont laissé des plumes. La marque Volkswagen, poids lourd du marché, a vu ses ventes fondre de 4,6% en dépit d'un impressionnant rebond en décembre (+30,1%).

Les champions du haut de gamme n'ont pas échappé à la tendance: Audi (groupe VW) a reculé de 5,5%, BMW de 5,8% et Mercedes (groupe Daimler) de 1,4%.

Les marques Opel (-2,9%) et Chevrolet (-17,7%), propriétés de l'américain General Motors, ou encore Ford (-3,9%) ont également souffert, à l'instar des japonaises Nissan (-11,5%) et Toyota (-8,4%).

Côté français, Citroën a chuté de 20,6% et Peugeot de 23,4%, soit davantage que Renault (-6,3%).

Parmi les rares gagnants figurent l'espagnol Seat (+22,4%), le tchèque Skoda (+8,7%) et l'allemand Porsche (+1,4%), tous trois dans l'escarcelle de Volkswagen, numéro un européen, mais aussi le sud-coréen Hyundai (+0,7%) et Dacia (+1,2%), marque à bas coût de Renault.

Si le nombre des nouvelles voitures électriques a doublé sur un an, avec 6.051 unités, cela reste une goutte d'eau face aux véhicules essence et diesel.

La réticence des consommateurs allemands à acquérir une voiture neuve dans un contexte européen encore teinté d'incertitudes s'est reflétée dans la baisse de la part des particuliers dans les nouvelles immatriculations (37,9%).

Fortes remises en décembre

Toutefois, le marché allemand a enregistré à partir de l'été plusieurs poussées qui laissent entrevoir une amélioration. Au seul mois de décembre, il a progressé de 5,4% sur un an à 215.320 unités.

"Les bons chiffres de décembre montrent que la stabilisation du marché automobile allemand se poursuit", a estimé dans un communiqué Matthias Wissmann, président de la fédération allemande de l'automobile VDA.

Pour Ferdinand Dudenhöffer, directeur du centre de recherche CAR de Duisbourg-Essen (ouest), cette performance s'explique plutôt par le haut niveau de remises effectuées par plusieurs constructeurs pour atteindre leurs objectifs annuels.

La fédération prévoit une légère hausse des immatriculations de voitures neuves cette année, "à environ 3 millions" d'unités.

Elle fait écho aux spécialistes qui s'attendent à ce que le marché allemand remonte la pente en 2014 au vu notamment du vieillissement du parc automobile dans le pays. "L'âge moyen des véhicules sur les routes allemandes a grimpé à 8,9 ans, si bien que le besoin de remplacement augmente", a souligné M. Dudenhöffer.

Il table sur une progression de 6,1% du marché l'an prochain, se montrant plus optimiste que son confrère Stefan Bratzel, de l'institut CAM situé à Bergisch Gladbach (ouest), qui escompte une reprise limitée à 2%.

L'amélioration en vue du marché allemand coïncide avec celle observée dans plusieurs pays sur le Vieux continent. Tout en restant très éloigné de ses meilleurs niveaux, le marché automobile en Europe de l'ouest devrait voir le bout du tunnel cette année, les experts l'attendant en hausse de 2% à 4%.

esp/oaa/jld/plh

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