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L'Argentine accuse Israël de dissimuler des informations sur les attentats de Buenos Aires

03/01/2014 04:19 EST | Actualisé 05/03/2014 05:12 EST

L'Argentine a accusé vendredi Israël de dissimuler des informations après la révélation la veille d'un diplomate israélien, affirmant que les responsables des attentats antijuifs de 1992 et 1994 à Buenos Aires avaient été tués par Israël.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a toutefois démenti les allégations de son ancien ambassadeur,Itzhak Aviran, en poste en Argentine de 1993 à 2000, les qualifiant de "non sens total".

"Il est totalement détaché de la réalité et il n'y a aucune vérité dans ses propos", a également affirmé une source diplomatique non identifiée sur le site de la radio publique.

Dans un entretien à l'Agence juive d'information, basée à Buenos Aires, Itzhak Aviran, a affirmé que les commanditaires des attentats qui ont fait au total 114 morts et des centaines de blessés avaient été éliminés.

"La grande majorité des coupables n'est plus de ce monde, et nous l'avons fait nous-mêmes", a-t-il assuré, faisant référence à un mode opératoire souvent attribué au Mossad, le service de renseignement extérieur d'Israël.

Ces déclarations "sont d'une extrême gravité" car elles démontrent que "des informations ont été dissimulées à la justice argentine, empêchant que de nouvelles preuves apparaissent pour élucider l'affaire", a estimé le ministre argentin des Affaires étrangères Hector Timerman, sur le compte Twitter du ministère des Affaires étrangères.

L'Argentine "rejette de manière catégorique qu'un pays puisse condamner et assassiner une personne sans qu'un procès démontre sa culpabilité. Comme tous les pays civilisés, l'Argentine veut la justice et rejette la vengeance", selon le ministre.

"S'ils avaient coopéré avec la justice argentine, comme l'exigent les traités internationaux, peut-être que les coupables seraient en train de purger une peine de prison pour les crimes, et les familles des victimes pourraient avoir le sentiment que la justice qu'ils réclament depuis des années a été rendue", a poursuivi le ministre.

L'ancien ambassadeur, a-t-il ajouté, "doit dire s'il y a d'autres personnes impliquées dans les attentats qui sont encore en vie et transmettre cette information à la Justice argentine". De la même manière, Israël doit dire s'il a des informations sur les suspects dont l'Argentine demande l'extradition, toujours selon le ministre.

Le chargé d'affaires de l'ambassade d'Israël à Buenos Aires est convoqué lundi au ministère des Affaires étrangères.

Le 18 juillet 1994, l'explosion dans la capitale argentine d'une bombe devant le siège de la mutuelle juive AMIA avait fait 85 morts et des centaines de blessés.

Deux ans plus tôt, le 17 mars 1992, 29 personnes avaient péri lors d'un attentat contre l'ambassade d'Israël.

L'Iran est soupçonné d'être impliqué dans l'attentat de l'AMIA par la justice argentine, qui réclame l'extradition de huit responsables iraniens, dont l'ancien ministre de la Défense Ahmad Vahidi et l'ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani, pour les juger.

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