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Inde: Rahul Gandhi, descendant de Nehru, face à son destin national

03/01/2014 06:05 EST | Actualisé 05/03/2014 05:12 EST

Rahul Gandhi, pressenti pour succéder au Premier ministre indien n'a aucune expérience ministérielle et se montre réservé sur sa vocation politique. Mais le parti du Congrès, aux abois avant les législatives, presse le descendant de Nehru à embrasser son destin national.

Rahul, 43 ans, est depuis janvier 2013 le dauphin de sa mère Sonia qui dirige le parti historique du Congrès (centre gauche) et supervise ses stratégies électorales au niveau national.

Le Congrès n'avait nulle intention d'annoncer son candidat au poste de chef du gouvernement avant les législatives qui doivent se tenir d'ici le mois de mai.

Mais le Congrès a besoin d'un homme providentiel pour tenter de refaire son retard dans les sondages sur le Bharatiya Janata Party (BJP), le parti nationaliste hindou emmené par le controversé gouverneur de l'Etat de Gujarat, Narendra Modi.

Le Premier ministre Manmohan Singh, 81 ans, a annoncé vendredi sa retraite politique après les élections et appelé Rahul à lui succéder en cas de victoire

"Rahul Gandhi serait un excellent candidat. J'espère que notre parti le désignera en temps voulu", a dit Manmohan Singh.

Sportif, formé notamment dans les prestigieuses universités de Harvard (Etats-Unis) et Cambridge (Angleterre), Rahul n'a jamais fait de passage dans un gouvernement et son apparente réticence à marcher dans les pas de ses illustres ascendants ont fait douter les observateurs sur ses intentions.

L'élégant et discret célibataire n'a désormais plus le choix, selon eux. Lui seul, sur son nom, peut éventuellement renverser la tendance et maintenir l'espoir au sein du Congrès malgré une série de revers cinglants aux élections provinciales fin 2013.

Depuis sa nomination au poste de numéro du parti, Rahul Gandhi n'a guère fait parler de lui. Il s'est concentré sur le mouvement de jeunesse en invoquant la nécessité de rénover ses structures vieillissantes, un leitmotiv diversement perçu au sein de son parti où certains se sentent menacés.

L'homme tient peu de conférences de presse, accorde peu d'entretiens, et lorsqu'il se risque à parler en public, il le fait toujours dans des villages reculés au cours d'apparitions soigneusement contrôlées.

Rahul a néanmoins montré qu'il pouvait taper du poing sur la table lorsque, rompant avec la retenue affichée jusqu'alors, il a publiquement critiqué en septembre le projet de Manmohan Singh d'accorder par décret l'immunité aux parlementaires condamnés pour corruption.

L'épopée des Gandhi --sans lien de parenté avec le Mahatma-- remonte à Jawaharlal Nehru, premier Premier ministre de la nation indienne après l'indépendance obtenue en 1947.

Sa fille Indira a été Premier ministre à deux reprises, puis son petit-fils Rajiv, père de Rahul. L'histoire des Gandhi s'est souvent écrite en lettres de sang: Indira a été assassinée en 1984 par ses gardes du corps sikhs, Rajiv a été tué par un kamikaze en 1991 dans un attentat suicide des Tamouls.

Rahul, âgé de 20 ans à la mort de son père, a vécu sous bonne garde pendant une grande partie de son existence.

"Ma grand-mère et mon père ont été assassinés et demain je peux être tué moi aussi. Mais je ne m'en soucie pas", assurait récemment le quadragénaire dans un discours inhabituellement personnel prononcé dans le Rajasthan (nord).

Il s'est confronté pour la première fois au jugement des électeurs en 2004, remportant facilement la conscription tenue par sa famille à Amethi, dans l'Uttar Pradesh.

Des télégrammes diplomatiques américains révélés par WikiLeaks le qualifiaient alors d'"homme sans consistance". "Il devra se salir les mains dans la politique indienne, tumultueuse et sans pitié", disaient-ils.

adp/gab/abk

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