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Égypte : des affrontements entre islamistes et policiers font 11 morts

03/01/2014 02:40 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

Onze personnes ont été tuées par balle et une quarantaine d'autres blessées vendredi dans des affrontements entre partisans des Frères musulmans et policiers en divers points d'Égypte.

Les islamistes égyptiens organisent des manifestations quasi quotidiennes dans la capitale et dans d'autres agglomérations en dépit de l'interdiction prononcée le mois dernier contre la confrérie, désormais considérée comme une organisation terroriste par le gouvernement soutenu par l'armée. Ses membres dénoncent la destitution le 3 juillet par les militaires du président Mohamed Morsi, premier chef de l'État égyptien démocratiquement élu.

Le gouvernement s'appuie, lui, sur ces nouvelles restrictions pour justifier les arrestations de centaines de militants islamistes. Les principaux dirigeants de l'organisation sont emprisonnés depuis plusieurs mois. Trois manifestants ont été tués dans différents quartiers du Caire, a déclaré le ministère de la Santé. Les policiers antiémeutes ont tiré des gaz lacrymogènes dans le quartier cairote de Nasr City, en direction de manifestants qui lançaient des pierres et des pétards.

Lors d'un autre incident dans la capitale, un homme hurlant des insultes en direction des partisans des Frères musulmans qui défilaient près de chez lui a été tué par des manifestants, a-t-on déclaré de source proche des services de sécurité.

Dans la ville côtière d'Alexandrie, un homme et une femme ont été tués par balle lors d'échauffourées. Il n'a pas été établi si la femme participait à la protestation ou si elle était une simple passante.

Référendum à la mi-janvier

Un manifestant a été abattu par la police lors d'une marche organisée à l'issue de la prière du vendredi dans la ville d'Ismaïlia sur le canal de Suez, indique-t-on de source médicale. Trois autres manifestants ont succombé à leurs blessures dans la province rurale de Fayoum, au sud-ouest du Caire, a rapporté un responsable local du ministère de la Santé.

En outre, un étudiant a été tué au cours de tirs à Minya dans le sud de l'Égypte.

Au total, à travers tout le pays, le ministère de la Santé a fait état de 42 blessés vendredi. Et la police a arrêté 122 membres des Frères musulmans pour détention d'armes, indique le ministère de l'Intérieur. Les Frères musulmans assurent que ces hommes-là étaient sans armes.

Les Égyptiens sont appelés aux urnes les 14 et 15 janvier pour se prononcer par référendum sur une nouvelle Constitution, étape essentielle dans le processus de transition démocratique promis par les autorités.

La Loi fondamentale interdit les partis politiques confessionnels et accroît le pouvoir dont dispose déjà l'armée, acteur incontournable du jeu politique égyptien. Elle devrait permettre de marginaliser encore un peu plus les Frères musulmans qui ont dominé la vie publique et emporté toutes les élections organisées depuis la chute d'Hosni Moubarak en février 2011.

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