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Une députée canadienne menacée d'être expulsée du Sri Lanka

02/01/2014 12:12 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

Une députée canadienne d'origine sri-lankaise, Rathika Sitsabaiesan, a affirmé jeudi avoir été l'objet "d'intimidation politique" et menacée d'être expulsée de son pays d'origine, où elle effectue actuellement un déplacement.

"Je suis récemment arrivée au Sri Lanka afin de visiter des membres de ma famille, ainsi que des lieux du pays où je suis née et où j'ai vécu durant mon enfance, en pleine guerre civile", a écrit dans un communiqué la députée du Nouveau parti démocratique (gauche) née en 1981 à Jaffna, ville du nord du Sri Lanka, et émigrée au Canada à l'âge de 5 ans.

"J'ai été victime d'intimidation politique. J'ai reçu des avertissements selon lesquels je pourrais être arrêtée et déportée, tout comme ce fut le cas pour d'autres députés provenant de pays du Commonwealth, notamment de la Nouvelle Zélande et de l'Australie", a affirmé Mme Sitsabaiesan.

La députée canadienne d'origine tamoule est très active au sein du parti NPD pour la cause de la minorité tamoule. Elle réclame notamment une enquête sur les accusations de crimes de guerre perpétrés lors de l'écrasement de la rébellion tamoule en 2009.

Rathika Sitsabaiesan a démenti avoir été placée en résidence surveillée avant une éventuelle expulsion du Sri Lanka.

"J'ai depuis reçu un avis du Haut-commissariat du Canada à Colombo, lequel confirmait que les autorités sri-lankaises n'avait pas émis d'avis d'assignation à résidence, malgré les informations qui circulaient à cet effet", a ajouté la députée.

Le site Tamilnet, proche des rebelles des Tigres tamouls, avait affirmé que la députée canadienne était assignée à résidence à son hôtel de Jaffna, une information fermement démentie jeudi par la police sri-lankaise.

"Nous n'avons rien eu à voir avec elle, et elle tente sans doute de se faire arrêter pour tenter d'emporter un peu plus de voix une fois de retour au Canada", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police, Ajith Rohana en assurant que la police ne "tomberait pas dans le piège".

Le Premier ministre canadien Stephen Harper avait boycotté le dernier sommet du Commonwealth en novembre au Sri Lanka, en invoquant l'inaction des autorités locales face aux violations des droits de l'homme.

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