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RDC: Un responsable de la lutte contre des rebelles ougandais tué

02/01/2014 01:15 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

Un commandant d'opérations qui devaient cibler des rebelles ougandais actifs dans l'est de la République démocratique du Congo a été tué jeudi dans une embuscade tendue par cette rébellion islamiste, les ADF-Nalu, a déclaré le gouvernement congolais.

"Le colonel Mamadou Ndala a été tué. (...) C'est vraiment une perte immense pour les Forces armées et pour la République", a déclaré à l'AFP Lambert Mende, porte-parole du gouvernement.

Il a accusé l'Alliance des forces démocratiques-l'Armée nationale pour la libération de l'Ouganda, placée sur la liste des organisations terroristes par les Etats-Unis, d'avoir tendu l'embuscade au cours de laquelle le véhicule du colonel a été frappé par une roquette.

"Il n'y a pas de doute là-dessus" car les ADF-Nalu sont le seul groupe armé de la zone disposant d'un lance-roquette, a dit le porte-parole.

Le colonel Ndala, la trentaine, était crédité pour la victoire sur la principale rébellion de la région, le Mouvement du 23 mars (M23), qui a capitulé en novembre après une offensive de l'armée congolaise et de la brigade d'intervention de l'ONU.

Il a été tué à Matembo, une localité du territoire de Beni, dans le nord de la province riche et instable du Nord-Kivu alors qu'il était sorti sans véhicule d'escorte, a ajouté le porte-parole du gouvernemlent.

La mort de l'officier dont un journaliste de l'AFP a vu le corps calciné et décapité a choqué ses hommes et suscité des interrogations sur les circonstances d'une disparition qui a aussi provoqué une émotion dans la population de la région.

"J'ai vu deux des assaillants et ils portaient l'ancienne tenue verte des FARDC (les forces gouvernementales). Je ne crois pas que ce soit les ADF-Nalu", a dit le caporal Paul Safari, un des gardes du corps du colonel rescapé de l'attaque.

Des commandos sont allés jusqu'à accuser d'autres militaires jaloux d'avoir tendu l'embuscade à leur chef. "Qui connaissait avec précision la position GPS du véhicule de Ndala? Il a été éliminé! Trop populaire!", écrit un tweet.

Une opération compliquée

A Beni, les rues se sont vidées, le marché a fermé. Des petits groupes discutent de la mort de "Mamadou" et certains se demandaIent si la traque des groupe armés encore actifs dans l'est de la RDC pourrait se poursuivre comme prévu.

Les ADF-Nalu, qui pactisent avec des groupes armés locaux, ont toujours trouvé un abri sur les pentes verdoyantes de la chaîne volcanique du Rwenzori, qui culmine à plus de 5.000 mètres, et l'opération s'annonçait difficile avant même la mort du colonel Ndala.

"Avant d'attaquer les ADF-Nalu, il faut savoir où ils sont précisément, quels sont leurs moyens (...), le renseignement est compliqué, les conditions environnementales sont compliquées, la conjoncture n'est pas favorable", estime un observateur militaire.

La rébellion ADF-Nalu née au milieu des années 1990 de la fusion de deux groupes armés opposés au président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986.

Aujourd'hui uniquement composée d'islamistes, l'ADF-Nalu est dirigée depuis 2007 par Jamil Mukulu, un chrétien converti à l'islam.

Les Etats-Unis l'ont placée sur leur liste d'organisations terroristes dès 2001 et Jamil Mukulu est visé par des sanctions de l'ONU depuis 2011 et de l'Union européenne depuis 2012.

Le 16 décembre, la Monusco avait dénoncé le massacre d'au moins 21 personnes avec une "extrême brutalité" dans deux villages du territoire de Beni. La société civile avait attribué ce "carnage" aux ADF-Nalu.

L'armée et la Monusco avaient promis d'agir contre cette rébellion qui a très longtemps bénéficié de la bienveillance de Kinshasa.

Le 25 décembre à l'aube, les ADF-Nalu se sont emparés de Kamango, localité à près de 500 km au nord de la capitale provinciale Goma qu'ils avaient occupée plusieurs jours en juillet. L'armée et la Monusco ont repris la ville le jour même.

str-hab/jlb

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