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RDC: tirs à l'aéroport militaire de Kinshasa, un chef militaire tué dans l'est dans une embuscade

02/01/2014 04:27 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

Des hommes armés non identifiés ont ouvert le feu jeudi soir sur l'aéroport militaire de Ndolo, à Kinshasa, amenant des soldats à répliquer, trois jours après l'attaque de l'aéroport international de la capitale de la République démocratique du congo, a-t-on appris de source aéroportuaire.

Ces incidents encore troubles surviennent quelques heures après qu'un commandant des opérations qui devaient viser des rebelles ougandais actifs dans l'est de la RDC y eut été tué dans une embuscade, a déclaré le gouvernement congolais.

Selon la source à l'aéroport militaire, "un véhicule plein d'hommes armés non identifiés est arrivé et ils se sont mis à tirer directement vers l'aéroport. Des soldats de la force aérienne ont alors commencé à répliquer".

Le responsable n'a pas pu préciser immédiatement le nombre d'assaillants ni donner d'autres détails sur ces incidents qui se produisent dans un contexte troublé.

Lundi, après une prise d'otages à la télévision publique, des tirs avaient retenti à l'aéroport international de Njili, situé à une dizaine de kilomètres de celui de Ndolo, et à l'état-major général de l'armée dans le cadre d'une série d'attaques qualifiée par le gouvernement d'"offensive terroriste".

Peu après, d'autres tirs avaient eu lieu à Lubumbashi, deuxième ville de RDC et capitale de la province minière du Katanga (sud-est) et des attaques avaient été signalées à l'aéroport de Kindu, capitale de la province diamantifère du Maniema, dans l'est.

De nombreux assaillants de Kinshasa se sont réclamés du pasteur Joseph Mukungubila Mutombo, qui se surnomme "prophète de l'Eternel" et a été candidat à la présidentielle de 2006 remportée par Joseph Kabila.

Le gouvernement a donné un bilan de 103 morts, dont 95 assaillants et 8 militaires.

Avant que n'éclatent les tirs à l'aéroport de Ndolo, la journée de jeudi avait été endeuillée par la mort du colonel Mamadou Ndala, un important chef militaire, sans qu'un lien n'ait été établi entre les deux.

"C'est vraiment une perte immense pour les Forces armées et pour la République", a déclaré à l'AFP Lambert Mende, porte-parole du gouvernement.

Il a accusé l'Alliance des forces démocratiques-l'Armée nationale pour la libération de l'Ouganda, l'ADF-Nalu, une organisation de rebelles islamistesplacée sur la liste des organisations terroristes par les Etats-Unis, d'avoir tendu l'embuscade au cours de laquelle le véhicule du colonel a été frappé par une roquette.

Le colonel Ndala, la trentaine, était crédité pour la victoire sur la principale rébellion de la région, le Mouvement du 23 mars (M23), qui a capitulé en novembre après une offensive de l'armée congolaise et de la brigade d'intervention de l'ONU.

Il a été tué à Matembo, dans le territoire de Beni, dans le nord de la province du Nord-Kivu alors qu'il était sorti préparer une opération contre l'ADF-Nalu, a ajouté le porte-parole du gouvernement.

Aujourd'hui uniquement composé d'islamistes, le groupe est dirigé depuis 2007 par Jamil Mukulu, un chrétien converti à l'islam.

Les Etats-Unis l'ont placé sur leur liste d'organisations terroristes dès 2001 et Jamil Mukulu est visé par des sanctions de l'ONU depuis 2011 et de l'Union européenne depuis 2012.

La mort de l'officier dont un journaliste de l'AFP a vu le corps calciné et décapité a choqué ses hommes et suscité des interrogations sur les circonstances d'une disparition qui a aussi ému la population de la région.

Une opération compliquée

A Beni, où les rues se sont vidées, des habitants se demandaient si la traque des groupe armés de l'est pourrait se poursuivre comme prévu alors que les combattants des ADF-Nalu ont trouvé abri sur les pentes de la chaîne volcanique du Rwenzori qui culmine à plus de 5.000 m.

"Avant d'attaquer les ADF-Nalu, il faut savoir où ils sont précisément, quels sont leurs moyens (...), le renseignement est compliqué, les conditions environnementales sont compliquées, la conjoncture n'est pas favorable", estime un observateur militaire.

Le 16 décembre, la Monusco avait dénoncé le massacre d'au moins 21 personnes dans deux villages du territoire de Beni, un "carnage" attribué par la société civile aux ADF-Nalu.

L'armée et la Monusco avaient promis d'agir contre cette rébellion qui a très longtemps bénéficié de la bienveillance de Kinshasa.

Le 25 décembre à l'aube, les ADF-Nalu se sont emparés de Kamango, localité à près de 500 km au nord de la capitale provinciale Goma qu'ils avaient occupée plusieurs jours en juillet. L'armée et la Monusco ont repris la ville le jour même.

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