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Pékin irrité par le transfèrement des trois derniers Ouïghours de Guantanamo

02/01/2014 06:23 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

La Chine a dénoncé jeudi le transfèrement en Slovaquie des trois derniers Ouïghours qui étaient écroués à Guantanamo, en affirmant que les ex-détenus étaient membres d'une organisation terroriste.

"Nous sommes fermement opposés au transfèrement de ces suspects à un pays tiers, et nous sommes également opposés au fait qu'un pays tiers accepte de les recevoir", a déclaré Qin Gang, porte-parole de la diplomatie chinoise.

"Les trois suspects mentionnés font partie du Mouvement islamique du Turkestan oriental (Etim), qui est considéré par le Conseil de sécurité de l'ONU comme une organisations terroriste", a ajouté M. Qin.

Au terme d'une saga de plus de douze ans, ces trois ressortissants chinois, membres de la minorité ouïghoure, turcophone et de confession musulmane, ont finalement été transférés en Slovaquie.

Les trois hommes originaires de la région du Xinjiang (nord-ouest de la Chine) ont été blanchis de tout lien terroriste depuis 2008.

Le Pentagone a précisé que leur transfèrement mardi s'était effectué sur une base "volontaire".

"Ils sont déjà en Slovaquie. Ils se trouvent actuellement dans un camp pour immigrés, ils apprennent le slovaque et se préparent pour une nouvelle vie", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère slovaque de l'Intérieur, Ivan Netik, selon qui les autorités leur cherchent du travail.

Bratislava avait déjà accueilli en 2010 trois prisonniers de Guantanamo, originaires d'Egypte, d'Azerbaïdjan et de Tunisie.

L'Etim est souvent désigné par les autorités chinoises comme étant responsable des troubles sporadiques au Xinjiang, mais son influence réelle est mise en doute par plusieurs experts.

Pékin a récemment accusé ce mouvement d'avoir soutenu un attentat commis le 28 octobre place Tiananmen à Pékin. Selon les autorités, trois Ouïghours d'une même famille avaient précipité leur voiture chargée de bidons d'essence contre l'entrée de la Cité interdite, dans une attaque suicide qui avait fait également deux morts et 40 blessés.

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