NOUVELLES

Pakistan : les avocats de Musharraf se disent victimes de "menaces" des autorités

02/01/2014 01:44 EST | Actualisé 03/03/2014 05:12 EST

Les avocats de l'ancien président pakistanais Pervez Musharraf, au coeur d'un procès pour "haute trahison" intenté par le gouvernement, ont boycotté jeudi une audience affirmant être la cible de "menaces" directes des autorités.

Le gouvernement du Premier ministre Nawaz Sharif a mis sur pied en novembre ce tribunal spécial chargé de juger M. Musharraf pour "haute trahison", un crime passible de la peine de mort au Pakistan, pour avoir suspendu la Constitution et imposé l'état d'urgence en 2007 au moment où il était au pouvoir.

M. Musharraf, 70 ans, était appelé à comparaître le 24 décembre et le 1er janvier devant ce tribunal dont il ne reconnaît pas la légalité, mais il est finalement resté dans sa villa en banlieue de la capitale Islamabad à ces deux occasions, invoquant des menaces sécuritaires.

Or jeudi ce sont ses avocats qui ont fait état de telles menaces et quitté rapidement l'audience. "De 01H00 à 05H00 du matin, j'étais l'objet de menaces constantes. Quelqu'un frappait et sonnait constamment à ma porte", a dit au tribunal Anwar Mansoor Khan, un des avocats de M. Musharraf.

"Cela ne m'était jamais arrivé en 40 ans de carrière", a assuré M. Khan, qui avait affirmé la veille avoir été récemment attaqué dans sa voiture. Un autre avocat de M. Musharraf, Sharifuddin Pirzada, a aussi fait état de menaces contre sa personne.

Interrogé par l'un des trois juges à la tête de ce tribunal spécial sur l'identité de la, ou des personnes, qui le "menaçaient" M. Khan a répondu : "ce gouvernement".

Le tribunal s'est aussitôt engagé à enquêter sur ces nouvelles allégations mais les avocats de l'ex-dirigeant ont quitté la salle d'audience d'un seul coup dans ce nouveau rebondissement de la saga judiciaire Musharraf.

L'ancien dirigeant militaire, au pouvoir de 1999 à 2008, affirme disposer du soutien de la puissante armée dans cette affaire sensible pour un pays qui a connu trois coups d'Etat depuis sa création en 1947.

Outre ce procès pour "haute trahison", M. Musharraf est dans le collimateur de la justice pour son rôle présumé dans les meurtres de son ex-rivale Benazir Bhutto, du chef rebelle Akbar Bugti, du renvoi de juges et l'opération contre la Mosquée rouge d'Islamabad où se terraient des islamistes armés.

ks-sjd/gl/jh

PLUS:hp