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Offensive de l'armée sud-soudanaise sur la ville de Bor

02/01/2014 12:44 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

Pendant qu'en Éthiopie les délégations du président sud-soudanais Salva Kiir et de l'ex-vice-président Riek Machar tentent toujours d'amorcer un dialogue de paix, au Soudan du Sud, l'armée lance une offensive pour reprendre la ville de Bor.

Les négociations formelles entre les deux camps pourraient ne commencer que dans quelques jours en raison des tensions qui demeurent vives entre les troupes rebelles de l'ex-vice-président Riek Machar, accusé par Salva Kiir d'avoir tenté de le renverser.

« Nous sommes prêts pour les discussions, mais nous n'allons pas rencontrer la délégation gouvernementale aujourd'hui », s'est contenté de déclarer jeudi un délégué des rebelles à l'Agence France-Presse.

Les deux délégations ont été installées dans le même hôtel, mais tous leurs membres n'étaient apparemment pas arrivés jeudi dans la capitale éthiopienne.

Le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Tedros Adhanom, avait pour sa part annoncé mercredi que « des discussions informelles » se tiendraient dès jeudi. Ce que n'ont pas confirmé les délégués des rebelles.

Selon l'Autorité intergouvernementale pour le développement en Afrique de l'Est, l'organisation régionale qui doit chapeauter les discussions, les parties devront dans un premier temps s'entendre sur la mise en œuvre d'un cessez-le-feu. La résolution du conflit sera abordée ensuite.

Ce rapprochement entre les deux camps dans la capitale éthiopienne, Addis-Ababa, vise à mettre fin au conflit armé qui déchire le Soudan du Sud depuis la mi-décembre. Les affrontements entre les forces rebelles et l'armée sud-soudanaise ont déjà fait des milliers de morts et près de 200 000 déplacés dans ce pays qui a fait sécession du Soudan en janvier 2011.

Offensive des troupes gouvernementales sur la ville de Bor

Pendant ce temps, au Soudan du Sud, l'armée gouvernementale a annoncé jeudi le déclenchement d'une offensive pour reprendre le contrôle de la ville stratégique de Bor, capitale de l'État du Jonglei, actuellement détenue par les forces rebelles.

« Nous marchons sur Bor [...]. Quitter la ville faisait partie d'une retraite tactique, mais maintenant nous avançons à nouveau sur la ville », a déclaré jeudi à l'AFP le porte-parole de l'armée, Philip Aguer.

La ville de Bor a changé de mains à trois reprises depuis le début des combats à la mi-décembre.

La situation humanitaire se détériore

Selon le chef de la mission humanitaire de l'ONU dans le pays, Toby Lanzer, les conditions de vie et de sécurité se détériorent rapidement pour les civils coincés dans la ville assiégée. L'eau potable, la nourriture et les médicaments commencent à manquer tandis que les conditions sanitaires se dégradent.

Le Comité international de la Croix rouge affirme pour sa part que des dizaines de milliers de personnes ont fui l'État de Jonglei, et dû traverser le Nil blanc pour trouver refuge dans l'État voisin des Lacs.

On rapporte également des viols, des meurtres, des exécutions sommaires et des massacres ethniques dans les zones de combat où la rivalité entre le président Kiir et l'ex-vice-président Machar attisent les tensions entre les tribus Dinka (celle du président Kiir) et les nuer (tribu de Riek Machar).

La Mission de l'ONU au Soudan du Sud (MINUSS) a évoqué la possibilité d'ouvrir une enquête sur les atrocités rapportées. Selon une porte-parole de la MINUSS, plusieurs de ces crimes de guerre se sont déroulés dans les villes de Juba, de Bor, mais aussi à Malakal, capitale du Haut-Nil.

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