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Le président birman soutient une réforme de la Constitution controversée

02/01/2014 01:05 EST | Actualisé 03/03/2014 05:12 EST

Le président birman Thein Sein a apporté son soutien jeudi à une réforme de la Constitution, notamment de l'article qui empêche la chef de l'opposition Aung San Suu Kyi de devenir présidente.

"Je pense qu'une Constitution saine doit être amendée de temps en temps pour faire face aux besoins nationaux, économiques et sociaux de notre société", a déclaré le président dans un discours publié par le quotidien officiel New Light of Myanmar.

La Constitution de 2008, rédigée par l'ancienne junte et approuvée par référendum une semaine après le passage du cyclone Nargis (138.000 morts ou disparus), arroge notamment des pouvoirs immenses aux militaires, leur octroyant notamment de droit 25% des sièges du Parlement.

Le texte interdit également à un Birman marié à un étranger ou ayant des enfants étrangers de devenir président, empêchant ainsi Suu Kyi, mariée à un Britannique aujourd'hui décédé et mère de deux enfants titulaires de passeports étrangers, d'accéder à la magistrature suprême.

Une commission parlementaire rassemblant des membres de différents partis politiques et de l'armée a commencé à travailler sur une réforme il y a quelques mois et doit rendre son rapport d'ici à la fin janvier.

"Je ne voudrais pas que des restrictions soient imposées au droit de chaque citoyen de devenir le leader du pays", a déclaré Thein Sein. "En même temps, nous devrons avoir en place toutes les mesures nécessaires pour défendre nos intérêts nationaux et notre souveraineté".

Suu Kyi a clairement a fait savoir qu'elle visait le poste de président, qui sera octroyé par le Parlement à l'issue des législatives de 2015. La Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) est favorite pour ce scrutin.

Et, depuis sa libération de résidence surveillée fin 2010, la prix Nobel de la paix, députée depuis les élections partielles de 2012, a fait de la réforme de la Constitution une des ses priorités.

Tout amendement de la Constitution nécessite plus de 75% des voix au Parlement, soit au moins une voix des militaires d'active.

Thein Sein est crédité de réformes spectaculaires depuis la dissolution de la junte en mars 2011. Il a notamment permis le retour de Suu Kyi au coeur du jeu politique légal, libéré des centaines de prisonniers politiques et entamé des discussions de paix avec les groupes rebelles des minorités ethniques.

Alors que certains demandent plus, le président a appelé jeudi à la prudence.

"J'ai essayé de faire tout ce que je pouvais pour répondre aux besoins et aux souhaits du peuple. Mais je voudrais souligner que si les demandes politiques du public sont plus grandes que ce que peut délivrer le système politique actuel, nous pourrions nous retrouvons dans une impasse politique".

"Si cela se produit, nous pourrions perdre toute la liberté politique que nous avons obtenue jusqu'ici", a-t-il mis en garde.

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