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John Kerry rencontre Benjamin Netanyahu dans un climat de pessimisme

02/01/2014 12:09 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a rencontré jeudi à Jérusalem le Premier ministre israélien, au début de sa 10e mission, destinée à faire avancer les négociations de paix, malgré le pessimisme ambiant et les récriminations réciproques.

Sitôt arrivé à Jérusalem, il s'est entretenu pendant cinq heures avec Benjamin Netanyahu.

Le ministre de la Défense Moshé Yaalon et la ministre de la Justice Tzipi Livni, chargée des pourparlers avec les Palestiniens, se sont joints aux entretiens.

M. Kerry devait revoir M. Netanyahu vendredi matin avant d'être reçu dans l'après-midi à Ramallah (Cisjordanie) par le président palestinien Mahmoud Abbas.

Le chef de la diplomatie américaine est arrivé au moment où l'ancien Premier ministre Ariel Sharon, dans le coma depuis huit ans, se trouve dans un état jugé "critique" par les médecins.

Il assuré ses hôtes que "tous les Américains ont une pensée pour Israël et son ancien dirigeant".

Au cours de sa mission de 4 jours, le secrétaire d'Etat entend discuter avec Israéliens et Palestiniens d'un projet d'"accord-cadre" américain traçant les grandes lignes d'un règlement définitif.

"J'ai l'intention de travailler avec les deux parties plus intensément dans les prochains jours pour réduire les différences sur un cadre qui offrirait les lignes directrices agréées pour les négociations sur le statut final", a expliqué M. Kerry à son arrivée.

"Un accord-cadre accepté (par les deux camps) serait une percée significative qui permettrait de couvrir toutes les problèmes de fond", comme les frontières, la sécurité, le statut de Jérusalem et les réfugiés, a-t-il plaidé.

Mais Israéliens et Palestiniens s'accusent mutuellement de saboter les efforts de paix.

M. Netanyahu a dénoncé le fait que les prisonniers palestiniens relâchés cette semaine aient été accueilli en "héros" par le président Mahmoud Abbad. "On doute de plus en plus en Israël que les Palestiniens soient engagés pour la paix", a-t-il averti.

Colonisation et vallée du Jourdain

Plusieurs contentieux, en particulier l'extension des colonies à Jérusalem-Est annexée et en Cisjordanie occupée et le statut de la vallée du Jourdain, devraient peser sur les entretiens de John Kerry.

Sa visite coïncide en outre avec une recrudescence des violences en Cisjordanie et à Gaza. Un Palestinien est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi après avoir inhalé des gaz lacrymogènes utilisés par l'armée israélienne pour disperser un rassemblement, selon des sources de sécurité palestiniennes.

A Gaza, un Palestinien de 16 ans a été grièvement blessé jeudi par un tir israélien près de la clôture de sécurité avec Israël, ont indiqué des sources locales et militaires israéliennes. Un roquette a été tirée de Gaza dans la soirée sans faire de dégât.

Côté palestiniens le président Abbas a menacé de saisir des instances internationales contre "le cancer de la colonisation" israélienne et réitéré son refus de "toute présence militaire israélienne dans des territoires appartenant à l'Etat indépendant de Palestine", allusion à la vallée du Jourdain, aux frontières de la Cisjordanie et de la Jordanie.

Selon le quotidien israélien Maariv, lors de son dernier déplacement en décembre, John Kerry a proposé "une présence militaire israélienne limitée aux points de passage sur le Jourdain pour un nombre limité d'années", mais Israël aurait d'ores et déjà rejeté ces arrangements.

Une commission ministérielle israélienne a adopté dimanche un projet de loi, présenté par la droite ultra-nationaliste, qui prévoit l'annexion de la vallée du Jourdain même en cas d'accord de paix.

Bien qu'il ait, selon les commentateurs israéliens, surtout une valeur symbolique, ce projet a été dénoncé par les Palestiniens, qui acceptent uniquement le déploiement d'une force internationale dans la vallée du Jourdain, une solution rejetée par Israël.

"L'accord-cadre proposé (par Washington) limite la souveraineté palestinienne sur le sol palestinien", a martelé jeudi un dirigeant de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Abed Rabbo, dans un communiqué.

"Ce qui ferait vraiment progresser les discussions serait de dessiner les frontières entre l'Etat palestinien et Israël, basées sur les lignes de 1967 (...), et d'établir un calendrier précis pour le retrait (israélien) de tout le territoire palestinien", a argué M. Abed Rabbo.

Jeudi matin, une délégation de députés de droite et d'extrême droite, conduite par le ministre de l'Intérieur Gideon Saar, a inauguré une implantation juive dans la vallée du Jourdain "qui est israélienne et le restera", selon eux.

Dans la soirée, plusieurs centaines d'Israéliens sont venus manifester devant l'hôtel où réside John Kerry pour réclamer la libération de l'espion israélien Jonathan Pollard, détenu depuis près de 30 ans aux Etats-Unis.

jkb-agr/cbo

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