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Début des exportations de brut du Kurdistan d'Irak vers la Turquie (ministre)

02/01/2014 06:33 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

Le Kurdistan irakien a commencé à exporter ses premiers barils de pétrole brut vers la Turquie, en dépit du conflit sur le partage de ses revenus qui oppose la région autonome au pouvoir central de Bagdad, a annoncé lundi le ministre turc de l'Energie.

"Le flux de brut entre l'Irak et (le port turc de) Ceyhan a démarré et il est stocké dans des citernes", a déclaré le ministre Taner Yildiz devant la presse turque.

M. Yildiz a toutefois immédiatement précisé que ces premiers barils ne seraient pas vendus sur les marchés internationaux sans le feu vert du gouvernement irakien, qui insiste pour contrôler directement toutes les exportations de matières premières de son territoire.

Un haut responsable du ministère turc de l'Energie a confirmé à l'AFP que ces livraisons de brut étaient les premières effectuées par la région autonome du Kurdistan irakien via un oléoduc reliant Kirkouk (sud) à Ceyhan par lequel Bagdad ne faisait transiter jusque-là que du pétrole pompé dans la partie sud de son territoire.

Afin de diversifier son approvisionnement en énergie, très largement dépendant de la Russie et de l'Iran, la Turquie a engagé depuis plusieurs mois des négociations avec le Kurdistan irakien.

Le projet de contrat entre Ankara et le Kurdistan irakien prévoit notamment la construction d'un nouvel oléoduc d'une capacité de 300.000 barils par jour, soit une petite portion des quelque 2,25 millions de barils/jour exportés par l'Irak le mois dernier.

Ces discussions ont suscité la grogne du pouvoir central à Bagdad, en conflit avec Erbil notamment au sujet du partage des revenus de l'exploitation des hydrocarbures.

Le mois dernier, le gouvernement irakien s'était déclaré "optimiste" sur une issue positive à cette querelle.

Outre ses liens économiques, le gouvernement turc a renforcé sa coopération politique avec le Kurdistan irakien alors que les pourparlers de paix engagés il y a un an entre Ankara et les rebelles Kurdes du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) sont au point mort.

Dans le même temps, Ankara a engagé un rapprochement avec Bagdad, en proposant ses bons offices à l'Irak pour tenter de régler son différend avec la province du Kurdistan concernant l'exploitation et la vente de son pétrole.

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