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Centrafrique: Bozizé dément orchestrer les violences, veut la démission de Djotodia

02/01/2014 03:50 EST | Actualisé 03/03/2014 05:12 EST

Le président déchu centrafricain François Bozizé dément toute responsabilité dans les violences commises par les milices d'auto-défense chrétiennes et affirme que seule une démission de l'actuel président Michel Djotodia permettra de mettre fin au chaos, dans un entretien téléphonique diffusé jeudi par la radio RFI.

M. Djotodia, arrivé au pouvoir en mars 2013 à la tête de la rébellion de la Séléka (coalition à dominante musulmane venue du nord du pays), affirme que François Bozizé, aujourd'hui en exil, se trouve derrière les milices chrétiennes, les "antibalaka" (antimachette), accusées du massacre de centaines de musulmans en représailles aux exactions de l'ex-rébellion Séléka.

"C'est la Séléka qui a amené le désordre dans le pays, la misère et la mort. Le phénomène antibalaka vient de se manifester à la suite des exactions de Séléka à l'intérieur du pays. C'est ça qui a provoqué l'avènement des antibalaka ! De ma position (en exil, NDLR), je n'ai pas formé une rébellion appelée antibalaka !", assure François Bozizé sur RFI, qui ne précise pas où se trouve le président déchu.

Interrogé pour savoir s'il condamnait les atrocités auxquelles ont participé des membres de ces groupes d'autodéfense, M. Bozizé a fait part de ses doutes sur la réalité des faits: "C'est vous qui le dites ! Je ne suis pas sur place ! C'est la presse qui le dit ! S'ils ont commis (des atrocités), je le condamne. C'est la confusion dans cette affaire".

"Je ne suis pas dans une position où je pourrais vraiment donner un point de vue sûr, tellement il y a de la manipulation dans cette affaire", a-t-il argué.

Selon l'ancien président, une sortie de crise en Centrafrique impose la démission de Michel Djotodia.

"Je crois que la seule solution pour lui, c'est de se prononcer sur sa démission, pour que la situation soit maîtrisée une fois pour toutes", estime-t-il, n'écartant pas l'hypothèse de sa propre candidature à d'éventuelles élections en Centrafrique.

"Les élections peuvent se faire pendant que je suis là, comme les élections peuvent se faire pendant que je ne suis pas là" (...). Rien ne m'empêche d'être candidat ou pas. Mais qu'on tire au clair la situation sécuritaire dans le pays", a-t-il fait valoir.

Tirs meurtriers à Bangui, mouvements de panique de centaines de civils vers des camps de fortune: après une nuit de réveillon relativement calme, l'année 2014 a commencé dans la capitale centrafricaine avec de nouvelles violences.

blb/jh

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