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Antarctique: les passagers libérés de l'enfer blanc font route vers l'Australie

02/01/2014 10:32 EST | Actualisé 04/03/2014 05:12 EST

Les passagers du navire russe piégé dans l'enfer blanc de l'Antarctique pendant plus d'une semaine faisaient route vers l'Australie vendredi après avoir été évacués par hélicoptère lors d'une opération délicate dans un milieu hostile et changeant.

Les 52 passagers du MV Akademik Chokalskiï --des scientifiques, touristes et journalistes australiens, britanniques et néo-zélandais-- se trouvent depuis jeudi soir à bord d'un brise-glace australien, l'Aurora Australis.

Le bâtiment progresse dans des eaux côtières où dérivent des îlots de glace qui limitent sa vitesse. Il devait gagner la pleine mer dans la journée et se diriger vers la base australienne de Casey pour faire le plein de carburant avant de mettre le cap sur l'Australie.

Le navire russe est bloqué dans les glaces depuis le 24 décembre à environ 100 milles marins (180 kilomètres) à l'est de la base française Dumont d'Urville.

Les secours australiens ont fait plusieurs tentatives pour tenter de le libérer en déroutant des brise-glaces, dont l'Astrolabe français, sans succès, l'épaisse banquise se révélant infranchissable.

Ils ont alors organisé une évacuation par hélicoptère avec l'équipage d'un brise-glace chinois, le Xue Long. L'opération s'est déroulée en quelques heures jeudi à la faveur d'une amélioration des conditions météo.

L'hélicoptère a récupéré douze passagers à chaque rotation de 45 minutes, en se posant près des navires dans des conditions périlleuses, les glaces se déplaçant rapidement au gré du vent et des courants.

L'opération "était assez difficile", a confirmé vendredi John Young, directeur général de l'Autorité australienne de secours en mer (Amsa).

Coût des opérations et responsabilité

"Il ne faudrait pas que ce soit trop souvent aussi loin. Toutes les opérations (de sauvetage) en Antarctique sont délicates à cause de la nature du milieu et dans ce cas particulier en raison du mouvement de la glace et des conditions météo changeantes", a-t-il ajouté.

Contrairement aux 22 membres de l'équipage russe, les 52 passagers "n'étaient pas vraiment entraînés à cet environnement". "Nous sommes soulagés qu'ils soient actuellement en route pour Casey et que seuls les équipages professionnels restent à bord", a-t-il dit.

L'équipage du MV Akademik Chokalskiï restera à bord en attendant la libération du navire. Ils bénéficient de confortables réserves de vivres et n'ont pas demandé d'assistance.

La question se pose désormais de savoir qui va supporter le coût des opérations de secours. Les autorités maritimes internationales devront établir les responsabilité éventuelles.

"Les leçons tirées de ces expériences peuvent être transmises à l'Organisation maritime internationale pour édicter des règles encadrant les opérations polaires", a fait valoir John Young.

Avant d'être pris dans la banquise, le bâtiment se trouvait dans une zone où les bateaux peuvent normalement circuler à cette époque de l'année, mais un brusque changement des conditions météo l'a poussé vers les glaces.

Marins et passagers ont patienté en jouant à des jeux de société, en se promenant sur la banquise pour observer les manchots ou en participant à des cours de premier secours.

Ils ont aussi composé un hymne et se sont filmés chantant sur le pont du bateau pour le réveillon du nouvel an, apparaissant même sur grand écran sur Times Square, au coeur de New York.

Les passagers du navire russe reproduisaient l'expédition historique menée dans l'Antarctique il y a un siècle (1911-1914) par l'explorateur australien Sir Douglas Mawson.

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