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L'opposition syrienne accuse un groupe jihadiste d'être un suppôt du régime

01/01/2014 12:21 EST | Actualisé 03/03/2014 05:12 EST

L'opposition syrienne a accusé mercredi l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) d'être "étroitement lié" au régime de Bachar al-Assad que ce groupe jihadiste a cessé de combattre selon elle.

Cette critique, la première du genre de la coalition anti-régime citant nommémemt l'EIIL, intervient en réaction à la torture et meurtre par ce groupe d'un médecin rebelle dans le nord de la Syrie, selon l'opposition et une ONG.

"L'EIIL est étroitement lié au régime terroriste et sert les intérêts de la clique de Bachar al-Assad de manière directe ou indirecte", affirme la Coalition de l'opposition dans un communiqué.

"Le meurtre de Syriens par ce groupe ne fait plus aucun doute sur les motivations derrière sa création, ses objectifs et les agendas qu'il sert, ce qui confirme la nature de ses activités terroristes et hostiles à la révolution syrienne", poursuit-elle.

Elle a appelé tous les rebelles ayant rejoint l'EIIL à abandonner ses rangs et à la "poursuite en justice des leaders de cette organisation terroriste tout comme les criminels du régime".

La Coalition a rapporté qu'un médecin rebelle, Hussein al-Sleimane, connu sous le pseudonyme d'Abou Rayyane, avait été écapturé par l'EIIL à Maskana dans la province d'Alep et tué par balles" après avoir subi "les pires tortures".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), le médecin faisait partie de la brigade islamiste "Ahram al Cham", et "l'une de ses oreilles avait été tranchée avant qu'il ne soit abattu par balles".

"Son corps a été remis par l'EIIL mardi dans le cadre d'un échange de prisonniers", indique l'OSDH.

En septembre 2013, l'opposition avait affirmé que "le phénomène de l'extrémisme est apparu avec le soutien et la planification du régime" et accusé les jihadistes d'avoir "volé" la révolution, sans citer directement l'EIIL, un groupe qui a fait allégeance à Al-Qaïda.

Au départ pacifique, une révolte en Syrie s'est transformée en guerre civile après avoir été brutalement réprimée. Des déserteurs et des civils ayant pris les armes ont formé une coalition rebelle avant d'être pris de vitesse par des groupes jihadistes comme l'EIIL.

Récemment, la Coalition a accusé l'EIIL de ne plus combattre le régime et de faire la guerre aux rebelles et aux civils. Mais selon l'OSDH, ce groupe continue de combattre le régime près de Damas et dans le nord.

Le pouvoir en Syrie affirme quant à lui combattre des groupes "terroristes" financés par l'étranger dans cette guerre qui a coûté la vie à plus de 130.000 personnes en près de trois ans.

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