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Irak: des hommes armés libèrent des détenus et incendient des postes de police

01/01/2014 11:58 EST | Actualisé 03/03/2014 05:12 EST

Des hommes armés ont libéré mercredi une centaine de prisonniers et incendié des postes de police à l'ouest de Bagdad, dernier épisode en date des violences qui secouent l'Irak, ont rapporté la police et un journaliste de l'AFP.

Les assaillants ont attaqué le principal commissariat de Fallouja, où ils ont libéré 101 détenus et volé des armes, après avoir laissé la possibilité aux policiers de s'échapper, ont indiqué des officiers.

A Ramadi, plus à l'ouest, des heurts ont opposé pour la troisième journée consécutive les forces de sécurité à des hommes armés, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Quatre commissariats ont été incendiés dont l'un était toujours en feu, a constaté le reporter, qui a également fait état de deux véhicules militaires brûlés.

Les affrontements ont commencé lundi à la suite du démantèlement par les forces de sécurité d'un campement anti-gouvernemental à Ramadi, le plus important du pays, érigé depuis un an par des sunnites pour protester contre la politique du Premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite qu'ils accusent d'accaparer le pouvoir et de marginaliser leur communauté.

Au moins 13 hommes armés et un militaire sont morts dans ces violences lundi et mardi.

Les heurts opposent l'armée à des groupes sunnites, formés d'hommes armés hostiles au gouvernement Maliki, de membres de tribus locales refusant la destruction du camp et de partisans d'un député sunnite arrêté samedi, Ahmed al-Alwani, selon le correspondant de l'AFP à Ramadi et des sources policières.

M. Maliki a annoncé mardi que l'armée allait se retirer des villes de la province d'Al-Anbar, dont Ramadi est le chef-lieu, dans une tentative de prévenir une escalade.

Le journaliste de l'AFP a indiqué que les soldats s'étaient déplacés mercredi dans un secteur à l'ouest de Ramadi, où les affrontements avaient lieu avec les hommes armés.

Le retrait de l'armée était l'une des exigences de 44 députés qui avaient présenté leur démission lundi après le démantèlement du camp, qualifié par M. Maliki de "quartier général d'Al-Qaïda".

Dans un autre geste visant à apaiser les habitants d'Al-Anbar, le gouvernement a annoncé mardi sa décision de fournir une aide à cette province, notamment sous forme de nourriture, carburant, matériel médical et médicaments.

Pour M. Maliki, la fermeture du principal camp de protestataires du pays représente une relative victoire même si elle risque d'attiser la colère de la communauté sunnite, minoritaire dans le pays mais majoritaire à Al-Anbar.

La colère des sunnites a été un facteur clé dans la recrudescence des attentats ces derniers mois en Irak.

Selon l'ONG Iraq Body Count qui répertorie les victimes civiles des violences en Irak depuis l'invasion menée par les Etats-Unis en 2003, l'année 2013 a été la plus meurtrière depuis cinq ans, avec 9.475 civils tués.

Mercredi, à Mossoul (nord), un attentat à la voiture piégée près d'un point de contrôle de l'armée a encore fait cinq morts -un civil et quatre soldats.

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